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Intégration fiscale holding : conditions et avantages 2026

Sandrine Chiorozas · · 14 min de lecture
JURIXA.FR
Holding · optimisation 2026
Intégration fiscale :
62 500 € économisés
Compensation immédiate des déficits entre vos filiales.
95 %
Seuil de détention continu pour entrer dans le périmètre
Art. 223 A CGI — Légifrance
62 500 €
Économie d'IS sur un groupe à 350 k€ de résultat net
Simulation Jurixa — IS 25 % 2026
5 ans
Durée de l'option, reconductible tacitement
Art. 223 A, III CGI — Légifrance
Avec vs sans intégration fiscale
Avec intégration
  • Déficits compensés immédiatement
  • QPFC dividendes : 1 %
  • 87 500 € d'IS (ex. groupe)
Sans intégration
  • IS séparé par filiale
  • QPFC dividendes : 5 %
  • 150 000 € d'IS (même exemple)
JURIXA
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L’intégration fiscale permet à une holding de devenir seule redevable de l’IS sur l’ensemble des résultats du groupe, à condition de détenir au moins 95 % du capital de chaque filiale de manière continue (art. 223 A du CGI). Résultat concret : les déficits d’une filiale compensent immédiatement les bénéfices d’une autre, sans attendre un report à nouveau. Dans mon accompagnement à la création holding, c’est souvent la première question qui surgit dès que le groupe compte deux entités aux résultats opposés : “comment éviter de payer de l’IS sur une filiale bénéficiaire quand une autre perd de l’argent cette année ?” Ce guide vous donne les clés pour savoir si ce régime est fait pour votre groupe, et comment l’activer au bon moment.

Ce que vous saurez après cet article
  • La société mère doit détenir au moins 95 % du capital de chaque filiale, de façon continue tout au long de l’exercice
  • La holding est seule à payer l’IS sur la somme algébrique des résultats de toutes les entités du groupe
  • Les dividendes intra-groupe ne sont taxés qu’à hauteur de 1 % (contre 5 % en régime mère-fille classique)
  • L’option court sur 5 ans et se renouvelle tacitement
  • La sortie d’une filiale du périmètre déclenche la réintégration des neutralisations pratiquées pendant son séjour

Ce que change vraiment l’intégration fiscale

De l’imposition séparée à la consolidation fiscale

Par défaut, chaque société de votre groupe paie l’IS sur son propre résultat. Votre filiale A dégage 500 000 € de bénéfice imposable ? Elle acquitte 25 % d’IS, soit 125 000 €. Votre filiale B accumule 200 000 € de déficit ? Ce déficit reste cantonné chez elle, reportable sur ses futurs bénéfices, mais il ne compense en rien le bénéfice de A cette année.

L’intégration fiscale change cette logique de fond en comble. La holding, en tant que société mère du groupe, devient “seule redevable de l’impôt sur les sociétés dû sur l’ensemble des résultats du groupe”, selon la lettre même de l’article 223 A du CGI. On additionne algébriquement les résultats des filiales : bénéfices et déficits se neutralisent au sein d’un même calcul, avant application du taux d’IS sur le résultat net d’ensemble.

Ce que l’intégration fiscale n’est pas

Ce régime ne fusionne pas les sociétés. Chaque filiale continue d’exister comme entité autonome, établit ses propres comptes annuels, dépose sa déclaration de résultats individuelle et peut faire l’objet d’un contrôle fiscal séparé (art. 223 A, II du CGI). L’intégration est un régime fiscal, pas une restructuration juridique. C’est une nuance que j’explique systématiquement aux dirigeants que j’accompagne dans la structuration de leur holding, parce que beaucoup imaginent une fusion comptable totale.

Autre point important : chaque société membre reste solidairement tenue au paiement de l’IS dû par la société mère, à hauteur de l’impôt qu’elle aurait supporté si elle n’était pas membre du groupe. Cette solidarité protège l’administration fiscale, mais elle doit être encadrée dans la convention d’intégration fiscale entre les entités du groupe.

Les conditions d’accès : le seuil des 95 %

Détention continue, directe ou indirecte

La condition centrale est posée à l’article 223 A, I du CGI : la société mère doit détenir 95 % au moins du capital de chaque filiale, “de manière continue au cours de l’exercice”, directement ou indirectement via des chaînes de participations. La détention indirecte s’apprécie en multipliant les taux successifs : si la holding détient 100 % d’une intermédiaire qui détient 96 % d’une filiale, le taux consolidé est 96 %, seuil atteint. Si l’intermédiaire n’est détenue qu’à 93 %, le produit donne 93 % et la filiale en bas de chaîne ne peut pas rejoindre le périmètre.

Point souvent négligé : la continuité. Une dilution temporaire sous les 95 %, même d’un seul jour dans l’exercice, exclut la filiale du périmètre pour l’intégralité de cet exercice. Les plans de stock-options ou d’attributions gratuites d’actions peuvent provoquer ce type de franchissement involontaire. Le CGI prévoit toutefois une tolérance pour les titres émis dans le cadre de plans d’épargne salariale ou d’options sur titres, dans la limite de 10 % du capital, et sous des conditions précises liées à la durée de conservation.

Ce que signifie “95 % du capital” au sens fiscal

Depuis la réforme de 2023 consolidée dans la version actuelle de l’article 223 A du CGI (LEGIARTI000048834056), le seuil de 95 % s’apprécie simultanément sur les droits à dividendes ET sur les droits de vote. Une holding qui détient 96 % du capital en valeur mais seulement 80 % des droits de vote (actions à vote double accordées à un autre actionnaire par exemple) ne satisfait pas la condition. Les deux seuils doivent être atteints en parallèle, de façon continue, tout au long de l’exercice.

Les sociétés éligibles au groupe

Pour qu’une filiale puisse intégrer le périmètre, elle doit réunir trois conditions cumulatives :

  • être soumise à l’IS dans les conditions de droit commun (SA, SAS, SARL, ou SNC ayant opté pour l’IS) et avoir son siège en France
  • ouvrir et clôturer ses exercices aux mêmes dates que la société mère (exercice de 12 mois en principe, avec une exception unique autorisée sur la période couverte par une même option)
  • avoir donné son accord individuel à la société mère dans les délais prévus

La société mère elle-même ne doit pas être détenue à 95 % ou plus par une autre personne morale soumise à l’IS en France dans les conditions de droit commun. Cette condition garantit qu’il n’existe qu’un seul niveau de tête d’intégration dans chaque chaîne de contrôle. Une holding intermédiaire peut exister, mais ses propres filiales forment alors un groupe intégré distinct.

L’option : 5 ans, renouvelable tacitement

L’option s’exerce par notification à l’administration fiscale au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration de résultat de l’exercice précédant celui au titre duquel le régime s’applique. Elle est valable pour une période de cinq exercices, renouvelée par tacite reconduction sauf dénonciation expresse dans les délais. Chaque exercice, la société mère notifie à l’administration la liste actualisée des sociétés membres du groupe (entrées, sorties). Sans cette notification, le résultat d’ensemble est calculé sur la base de la dernière liste régulièrement notifiée.

95 %
Seuil minimal de détention du capital, continu sur l'exercice
Art. 223 A CGI — Légifrance

Le résultat d’ensemble et ses neutralisations

La somme algébrique des résultats

La société mère calcule le “résultat d’ensemble” en additionnant algébriquement les résultats fiscaux individuels de chaque membre du groupe (art. 223 B du CGI). Ce résultat d’ensemble est ensuite soumis à l’IS au taux de 25 % (ou 15 % jusqu’à 42 500 € sous conditions PME) par la seule société mère. Les filiales ne paient plus d’IS directement à l’administration, bien que leur résultat individuel continue à être déterminé et déclaré selon les règles de droit commun.

La neutralisation des dividendes intra-groupe

C’est ici que l’intégration fiscale surpasse le régime mère-fille classique. Les produits de participation qu’une société du groupe perçoit d’une autre société membre, dont elle est membre depuis plus d’un exercice, sont retranchés du résultat d’ensemble à hauteur de 99 % de leur montant (art. 223 B al. 2 du CGI).

En parallèle, l’article 216 du CGI fixe la quote-part de frais et charges (QPFC) à 1 % pour les participations intra-groupe en intégration fiscale, contre 5 % en régime mère-fille classique. Le résultat pratique est identique : seul 1 % du dividende reçu reste taxable dans le résultat d’ensemble.

Sur 1 000 000 € de dividendes remontés d’une filiale à la holding :

  • En intégration fiscale : base imposable = 10 000 €, IS = 2 500 €
  • En régime mère-fille classique : base imposable = 50 000 €, IS = 12 500 €
  • Gain annuel sur les dividendes seuls : 10 000 € pour ce niveau de distribution

Le guide dédié au régime mère-fille des holdings détaille la mécanique de la QPFC à 5 % et les conditions d’accès au régime mère-fille standard, pour une comparaison complète des deux dispositifs.

Les autres neutralisations importantes

Plus-values sur cessions intra-groupe : les plus-values réalisées lors de la cession d’un actif entre deux sociétés du même groupe sont mises en sommeil au moment de la cession (art. 223 F du CGI). La plus-value n’est réintégrée au résultat d’ensemble que lorsque l’actif sort définitivement du périmètre du groupe, ou lorsque la filiale cédante sort du groupe. C’est un outil puissant pour réorganiser les actifs à l’intérieur du groupe sans friction fiscale immédiate.

Provisions intra-groupe : les dotations aux provisions constituées après l’entrée dans le groupe sur des créances ou titres détenus dans d’autres membres du groupe sont réintégrées au résultat d’ensemble. Cette règle évite qu’une filiale déduise une provision sur une créance sur une autre filiale tandis que cette deuxième constate un résultat qui inclut la même somme.

Avantage consenti entre sociétés : une livraison de biens ou prestation de services facturée en dessous de la valeur de marché mais au moins au prix de revient entre deux membres du groupe n’est pas requalifiée en revenu distribué. Cela sécurise les conventions de flux intra-groupe, à condition de bien les documenter. J’en parle en détail dans le guide sur la convention de trésorerie intra-holding.

QPFC 1 % vs 5 % : un calcul simple pour comparer

Avant d’opter pour l’intégration fiscale, faites ce calcul rapide avec votre expert-comptable : estimez les dividendes annuels que vos filiales vont verser à la holding sur les 5 prochaines années. Appliquez 4 % d’écart (5 % - 1 %) sur ce total, puis multipliez par 25 %. C’est l’économie d’IS que vous réalisez sur les seuls dividendes grâce à l’intégration, indépendamment de la compensation des déficits. Sur des dividendes de 2 000 000 € par an, cela représente 80 000 € de base imposable évitée, soit 20 000 € d’IS économisés par an, rien que sur ce volet.

Cas pratique chiffré : holding + 2 filiales

Prenons un groupe concret. Une holding SAS détient 100 % de la Filiale A (SAS de services informatiques) et 96 % de la Filiale B (SAS en phase de développement commercial).

Résultats fiscaux individuels, exercice N :

EntitéRésultat fiscal
Holding0 € (frais de structure nets)
Filiale A+ 600 000 € (bénéfice)
Filiale B- 250 000 € (déficit)

Sans intégration fiscale :

  • IS Filiale A : 600 000 × 25 % = 150 000 €
  • Filiale B : déficit reporté sur ses futurs bénéfices, IS = 0 €
  • IS total du groupe : 150 000 €
  • Le déficit de B n’est pas perdu, mais il est immobilisé chez B et n’est utile que si B redevient bénéficiaire

Avec intégration fiscale :

  • Résultat d’ensemble = 600 000 + (- 250 000) + 0 = 350 000 €
  • IS dû par la holding sur le résultat d’ensemble : 350 000 × 25 % = 87 500 €
  • Économie immédiate : 62 500 €

Et si la Filiale A verse 400 000 € de dividendes à la holding au cours du même exercice :

  • En intégration (QPFC 1 %) : base imposable = 4 000 €, IS = 1 000 €
  • En mère-fille classique (QPFC 5 %) : base imposable = 20 000 €, IS = 5 000 €
  • Économie supplémentaire sur les dividendes : 4 000 €

Sur cet exercice, l’intégration fiscale génère donc 66 500 € d’économie d’IS pour un groupe dont la situation n’a rien d’exceptionnel. La compensation des déficits est l’avantage immédiat le plus visible, et c’est souvent celui qui déclenche la décision.

62 500 €
Économie d'IS dans ce cas pratique (groupe à 350k€ de résultat net)
Simulation Jurixa — IS 25 % 2026

Les avantages stratégiques de l’intégration fiscale

Compensation immédiate des déficits : sans plafond

C’est l’avantage central. Sans intégration, les déficits ne peuvent servir qu’à imputer les propres bénéfices futurs de la société qui les a générés. Avec l’intégration, ils réduisent immédiatement la base d’imposition du groupe dès l’exercice en cours.

Et contrairement aux déficits ordinaires qui sont imputables à 100 % dans la limite d’un million d’euros puis à 50 % seulement au-delà (art. 209 I du CGI), la compensation dans le résultat d’ensemble s’opère sans ce plafond. Un déficit de 3 000 000 € chez une filiale compense intégralement un bénéfice de 3 000 000 € chez une autre dans le même exercice. C’est une liberté fiscale que peu de régimes offrent.

Financement intra-groupe sans friction fiscale

L’intégration sécurise la gestion de trésorerie entre entités. Les flux financiers entre membres du groupe (avances, prêts, dividendes) bénéficient des neutralisations prévues par l’article 223 B du CGI. Couplée à une convention de trésorerie intra-holding bien structurée, cette neutralisation évite des impositions parasites sur des flux qui ne font que circuler à l’intérieur du périmètre.

La holding peut ainsi avancer de la trésorerie à une filiale déficitaire sans que cette avance génère des intérêts imposables au niveau de l’ensemble, sous réserve que les conventions respectent le taux de référence Banque de France et soient formalisées.

Acquisitions et LBO : un outil de structuration puissant

Pour les groupes qui grandissent par croissance externe, l’intégration fiscale présente un intérêt stratégique particulier. Lorsqu’une holding acquiert une cible et l’intègre dans le périmètre fiscal, les déficits éventuels de la cible peuvent compenser les bénéfices du reste du groupe. C’est une mécanique que j’aborde systématiquement avec les dirigeants qui envisagent de créer une holding pour racheter une entreprise.

Attention cependant à la règle spécifique de l’article 223 B du CGI pour les acquisitions auprès de personnes liées (les associés de la holding ou des sociétés qu’ils contrôlent) : une fraction des charges financières d’acquisition est réintégrée au résultat d’ensemble pendant les neuf exercices suivant l’acquisition. Cette règle, parfois appelée “anti-OBO”, est systématiquement analysée avant toute structuration de rachat intra-groupe.

Pour les plus-values générées par les cessions de titres dans le cadre du groupe, le guide sur les plus-values de cession de titres à l’IS et l’article consacré à l’apport de titres à une holding détaillent les mécanismes complémentaires.

Les contraintes à anticiper

Le formalisme : une charge réelle

L’intégration fiscale alourdit les obligations déclaratives. La holding dépose une déclaration de résultat d’ensemble (liasse fiscale consolidée), en plus de sa propre liasse individuelle et des liasses individuelles de chaque filiale. Chaque entrée ou sortie du périmètre nécessite une notification à l’administration dans des délais stricts. La liste des membres doit être notifiée chaque année au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration de résultat.

Ce formalisme est gérable, mais il suppose une coordination rigoureuse entre la direction des filiales, la holding et le cabinet comptable. Je recommande d’en parler dès la phase de structuration initiale de la holding, pour que personne ne soit pris de court à la première clôture.

Il faut aussi prévoir une convention d’intégration fiscale entre la holding et chaque filiale. Ce document (distinct de la convention de trésorerie) définit les modalités de répartition de l’économie d’IS entre la mère et les filiales. Sans elle, la mère capture seule l’économie fiscale générée par les déficits des filiales, ce qui peut créer des tensions avec leurs associés minoritaires.

La sortie de groupe : le risque de détonateur fiscal

Quand une filiale sort du périmètre d’intégration (cession de la participation sous le seuil de 95 %, dissolution, fusion externe, etc.), les neutralisations pratiquées pendant son séjour dans le groupe sont susceptibles d’être reprises. Les plus-values sur cessions intra-groupe mises en sommeil redeviennent imposables. Les provisions neutralisées sont réintégrées.

Avant toute cession de participation, cartographier les neutralisations accumulées

La sortie d’une filiale peut provoquer un choc fiscal si des plus-values importantes ont été neutralisées pendant la période d’intégration. Avant toute cession de titres ou restructuration qui fait passer la détention sous 95 %, il est indispensable de recenser précisément les neutralisations accumulées pour évaluer le coût fiscal réel de la sortie. Une mauvaise anticipation peut transformer une opération qui semble neutre en un redressement significatif.

La période de gel après dénonciation

Si le groupe choisit de sortir du régime (dénonciation de l’option), il existe une période pendant laquelle les mêmes entités ne peuvent pas reconstituer un groupe intégré entre elles. Cette contrainte de gel est rarement anticipée, mais elle bloque potentiellement la remise en place du régime si le groupe décide d’y revenir après une période de sortie.

L’option pour l’intégration fiscale ne doit donc pas être prise à la légère. Elle engage le groupe sur plusieurs exercices et modifie durablement la gestion des flux intra-groupe. C’est précisément pourquoi cette question fait partie de l’analyse que je conduis avec les dirigeants qui préparent la création holding.

Intégration fiscale ou régime mère-fille : quelle logique pour votre groupe ?

Les deux régimes sont souvent présentés comme concurrents. Ils sont plutôt complémentaires, car ils s’adressent à des situations différentes.

Intégration fiscale vs régime mère-fille : comparaison 2026

CritèreRégime mère-filleIntégration fiscale
Seuil de participation≥ 5 % du capital≥ 95 % du capital (continu)
Durée de détention requise≥ 2 ansExercice complet au sein du groupe
QPFC sur dividendes5 %1 %
Compensation des déficits entre entitésNonOui (résultat d’ensemble)
Neutralisation plus-values intra-groupeNonOui
FormalismeFaible (exonération de plein droit)Élevé (option, liste annuelle, convention)
Durée d’engagementAucune5 ans (tacitement renouvelable)
Risque à la sortieLimitéRéintégration des neutralisations
Idéal si…Participations minoritaires ou mixtesGroupe fortement contrôlé, résultats asymétriques

Le choix dépend avant tout de deux facteurs : le niveau de contrôle réel de la holding sur ses filiales (95 %, c’est une barre haute que toutes les holdings n’atteignent pas), et la nature des résultats du groupe (si toutes les filiales sont bénéficiaires sans exception, la compensation de déficits n’apporte rien).

Dans mon accompagnement, l’intégration fiscale devient pertinente dès lors qu’au moins une filiale est structurellement déficitaire ou en phase de démarrage, que le groupe génère des flux intra-groupe importants, ou que des cessions d’actifs entre filiales sont envisagées. Pour les holdings patrimoniales avec des filiales toutes rentables et peu de flux internes, le régime mère-fille suffit souvent. L’article consacré au régime mère-fille des holdings développe la mécanique exacte pour décider. Avant de choisir le régime fiscal, il faut aussi arrêter la forme de votre holding, voir mon guide Holding SAS ou SARL pour cet arbitrage de départ.

Le lien avec la holding animatrice

Un point que le top 10 aborde rarement : l’articulation entre le statut de holding animatrice et l’intégration fiscale. La qualification de holding animatrice (holding qui participe activement à la conduite de la politique du groupe et rend des services effectifs à ses filiales) n’est pas une condition d’accès à l’intégration fiscale. Mais elle conditionne d’autres régimes fiscaux qui peuvent coexister avec l’intégration : exonération Dutreil pour la transmission familiale des titres, régime des plus-values sur titres de participation.

Si votre holding est purement passive (elle détient des participations sans fournir de services actifs à ses filiales), l’intégration fiscale reste accessible. Mais la question de la TVA récupérable sur les frais de structure de la holding, et de la déductibilité des charges financières d’acquisition, se pose alors différemment. Je développe ces aspects dans le guide sur les activités des sociétés holding.

Pour les dividendes reçus par la holding de ses filiales IS, le guide des dividendes en holding présente les flux comparés entre régime mère-fille et intégration fiscale, avec les taux d’imposition effectifs selon la nature de la distribution.

5 ans
Durée minimale de l'option d'intégration fiscale, reconductible tacitement
Art. 223 A, III CGI — Légifrance

Questions fréquentes

Peut-on intégrer une filiale SCI dans un groupe fiscal ?

Seulement si la SCI a opté pour l’IS. Par défaut, les SCI sont à l’impôt sur le revenu (régime de transparence fiscale) et ne remplissent pas la condition d’assujettissement à l’IS dans les conditions de droit commun. Une SCI IS peut en revanche rejoindre un groupe intégré si la holding détient 95 % de ses parts. Pour une SCI sans option IS, les dividendes remontés à la holding suivent des règles différentes, sans accès aux neutralisations de l’intégration.

Une EURL peut-elle être société mère d’un groupe intégré ?

Oui, à condition que l’EURL ait opté pour l’IS. Une EURL à l’IS peut constituer un groupe intégré avec ses propres filiales si elle en détient 95 % du capital. En pratique, l’EURL unipersonnelle IS est souvent utilisée comme véhicule holding d’un dirigeant solo, avec une ou plusieurs filiales opérationnelles en SAS ou SARL IS.

Que se passe-t-il si la holding cède 8 % d’une filiale à un partenaire ?

Si la détention passe de 100 % à 92 %, la filiale sort du périmètre d’intégration à compter de cet exercice. Les neutralisations accumulées pendant son appartenance au groupe (plus-values différées, provisions neutralisées) sont réintégrées selon les règles de l’article 223 F du CGI. Anticiper ce type de sortie est indispensable avant toute négociation d’entrée au capital d’une filiale.

L’option pour l’intégration fiscale survit-elle à une fusion de filiales au sein du groupe ?

Si deux filiales du groupe fusionnent entre elles sous le régime de faveur des fusions (art. 210 A du CGI), l’opération ne remet pas en cause le périmètre d’intégration dans sa globalité. La société absorbée “sort” techniquement du périmètre, mais les neutralisations qui la concernaient peuvent être reprises par l’absorbante si les conditions sont réunies. La notification de la modification de périmètre à l’administration reste obligatoire.

Faut-il une convention d’intégration fiscale distincte de la convention de trésorerie ?

Ce n’est pas une obligation légale explicite, mais c’est une pratique fortement recommandée pour éviter des conflits entre associés. La convention d’intégration fiscale définit qui bénéficie de l’économie d’IS générée par les déficits d’une filiale : la holding seule, ou une répartition qui indemnise la filiale déficitaire pour la mise à disposition de son déficit. Sans elle, la holding capte intégralement l’économie fiscale. Les associés minoritaires d’une filiale (les 5 % hors périmètre) ont tout intérêt à exiger cette convention.

Pour aller plus loin

L’intégration fiscale est l’un des régimes les plus efficaces dont dispose un groupe de sociétés, mais c’est aussi l’un des plus exigeants. Le seuil de 95 %, l’option sur 5 ans et le risque de réintégration à la sortie en font un outil à manier avec précision et avec une vision à moyen terme sur les résultats prévisionnels du groupe.

Dans mon accompagnement, je recommande systématiquement d’analyser les projections de résultats sur trois à cinq exercices avant d’opter, plutôt que d’activer le régime par réflexe parce que “ça optimise toujours”. Parfois, un régime mère-fille bien géré suffit et coûte beaucoup moins cher en formalisme. Parfois, l’intégration fiscale apporte une économie qui se chiffre en dizaines de milliers d’euros dès la première année et justifie pleinement l’investissement administratif.

Si vous réfléchissez à la création holding ou à la restructuration d’un groupe existant, et que la question de l’intégration fiscale fait partie de votre réflexion, c’est exactement le type d’analyse que je structure avec vous dès le cadrage initial de votre projet.

Sources officielles :

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Experte en création d’entreprise — 15 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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