EURL et SASU sont les deux seules formes de société unipersonnelle à responsabilité limitée disponibles en France. La différence centrale : le gérant d’une EURL est un travailleur non salarié (TNS) qui cotise à environ 40-45 % de son revenu, tandis que le président de SASU est assimilé salarié et supporte environ 75-80 % de charges sur son salaire net, mais bénéficie d’une couverture sociale proche du régime général.
Dans mon accompagnement, c’est la question que mes clients me posent le plus souvent, et je comprends pourquoi : les deux structures se ressemblent sur le papier (un associé unique, responsabilité limitée, capital libre), mais divergent radicalement sur la façon dont vous allez vous payer et être protégé. La semaine dernière encore, un consultant indépendant me contactait après avoir créé une SASU sur une plateforme automatisée, sans réaliser que ses charges sociales allaient représenter 80 % de son salaire net dès le premier mois de rémunération. Mon objectif dans cet article : vous donner un tableau de bord complet pour faire le bon choix, chiffres à l’appui.
- EURL : gérant travailleur non salarié, cotisations plus légères (environ 40 à 45 % du revenu).
- SASU : président assimilé salarié, meilleure protection mais environ 75 à 80 % de charges sur le net.
- Dividendes : cotisations sociales en EURL au-delà de 10 % du capital, flat tax seule en SASU.
- Le bon choix dépend de votre rémunération cible et de votre besoin de couverture sociale.
Les fondations : ce que sont vraiment EURL et SASU
L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est la version à associé unique de la SARL. Sa gouvernance est encadrée par le Code de commerce, articles L223-1 et suivants, qui fixent un cadre assez rigide sur la gérance, les décisions collectives et les modalités de cession.
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est la version unipersonnelle de la SAS. Elle est régie par les articles L227-1 et suivants du Code de commerce. Sa grande force : les statuts sont quasi-libres. Vous pouvez organiser la gouvernance comme vous le souhaitez, prévoir des clauses sur-mesure, structurer l’entrée de futurs associés avec une souplesse qu’une EURL ne permet pas.
Sur la forme, les deux structures partagent les mêmes avantages : responsabilité limitée aux apports, capital social librement fixé (1 € minimum, même si ce n’est jamais ce que je conseille en pratique), et immatriculation via le guichet unique de l’INPI. Ce sont les points de convergence. Tout ce qui suit, c’est ce qui les sépare.
L’EURL impose de libérer au minimum 20 % du capital social à la constitution, contre 50 % pour la SASU. En pratique, si vous apportez 5 000 € de capital en EURL, 1 000 € suffisent à l’immatriculation, le solde peut être libéré dans les 5 ans. En SASU avec 5 000 € de capital, il faut déposer 2 500 € dès la création.
Régime social : TNS contre assimilé salarié
C’est le cœur du comparatif, et probablement le point qui va le plus influencer votre décision.
Le gérant d’EURL : travailleur non salarié (TNS)
En EURL, si vous êtes l’associé unique et le gérant de votre société, vous relevez du régime des travailleurs indépendants, géré par l’URSSAF. Ce régime est souvent résumé sous le terme “TNS” (travailleur non salarié).
Depuis la réforme de l’assiette sociale entrée en application lors de la campagne de déclaration d’avril 2026 (décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024), l’assiette de calcul des cotisations est votre revenu professionnel diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. Concrètement, sur 100 € de rémunération nette perçue, vous ne cotisez que sur 74 €. Le taux effectif global tourne autour de 40 à 45 % de votre rémunération réelle selon votre niveau de revenu, selon les données publiées par l’URSSAF.
Ces cotisations couvrent sept branches : maladie-maternité, indemnités journalières, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, et CSG-CRDS, plus la contribution à la formation professionnelle.
Deux points à retenir sur le régime TNS. Premier : les cotisations sont dues même sans rémunération. Des cotisations minimales s’appliquent, de l’ordre de 1 000 à 1 200 € par an en l’absence de revenus, pour maintenir a minima la couverture maladie et valider des trimestres de retraite. Deuxième : le système fonctionne par provisions. La première année, vous payez des acomptes forfaitaires calculés sur une base théorique, puis l’URSSAF régularise sur vos revenus réels lors de la déclaration annuelle. Ce décalage peut créer un “choc de régularisation” à ne pas sous-estimer en trésorerie.
Le président de SASU : assimilé salarié
En SASU, le président associé unique relève du régime général de la Sécurité sociale, en tant qu’assimilé salarié. Ce statut lui confère une couverture identique à celle d’un cadre salarié : assurance maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire Agirc-Arrco, indemnités journalières, prévoyance invalidité-décès.
La contrepartie est un coût social bien plus élevé sur les salaires. Les cotisations patronales et salariales représentent globalement 75 à 80 % du salaire net versé. Autrement dit, pour vous verser un salaire net de 2 000 €, la SASU devra supporter environ 3 500 à 3 600 € de charges totales (salaire brut + charges patronales).
Et si vous ne vous versez aucun salaire ? Avantage clair de la SASU : zéro cotisation minimale. Un président non rémunéré ne doit rien à l’URSSAF ou à l’Agirc-Arrco. C’est un point important pour les créateurs qui souhaitent démarrer sans revenus les premiers mois, ou pour ceux qui se rémunèrent uniquement par dividendes.
Le président de SASU non rémunéré ne cotise pas, mais ne valide donc pas de trimestres de retraite et ne bénéficie pas des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie. Si vous ne vous versez aucun salaire sur une longue période, votre protection sociale est nulle. Ce n’est pas un détail.
Protection sociale : la comparaison concrète
Sur la maladie, les deux régimes offrent des remboursements comparables. La différence se joue surtout sur trois points : les indemnités journalières, la retraite et le chômage.
Indemnités journalières : le président de SASU (assimilé salarié) perçoit des IJ dès le 4e jour d’arrêt. Le gérant d’EURL (TNS) a un délai de carence de 3 jours pour les accidents et maladies professionnelles, mais les IJ TNS sont calculées sur une base plus faible et avec des conditions d’attribution plus restrictives. En pratique, si vous êtes solopreneur et que vous tombez malade un mois, le régime général vous protège mieux.
Retraite : la retraite de base est similaire sur les droits acquis à points. Mais la retraite complémentaire diffère significativement. L’assimilé salarié cotise à l’Agirc-Arrco, régime robuste avec un historique de rendement prévisible. Le TNS cotise à une retraite complémentaire spécifique aux indépendants, dont le niveau de pension finale est souvent inférieur à cotisations équivalentes.
Chômage : ni le gérant d’EURL ni le président de SASU ne cotisent à l’assurance chômage classique. Mais si vous étiez salarié avant de créer votre société, le traitement est différent selon le statut : un président de SASU non rémunéré peut maintenir ses droits ARE (Aide au Retour à l’Emploi) sans interruption, car il n’est pas considéré comme rémunéré. Un gérant d’EURL qui perçoit une rémunération lose ses droits ARE au prorata.
Si vous avez des droits ARE ouverts et que vous créez votre société, la SASU peut vous permettre de continuer à percevoir vos allocations pendant la phase de démarrage, à condition de ne pas vous verser de salaire. En EURL, dès que vous vous rémunérez, une partie des ARE est suspendue. Cette différence peut représenter plusieurs milliers d’euros sur les premiers mois d’activité.
Dividendes : le point de divergence le plus important
C’est là que les deux statuts s’éloignent vraiment, et que beaucoup de créateurs font des erreurs de calcul.
En SASU : flat tax et zéro cotisation sociale
Les dividendes versés par une SASU sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé flat tax. Depuis le 1er janvier 2026, le taux est de 31,4 %, décomposé en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (selon entreprendre.service-public.fr). Cette hausse d’un point résulte de l’augmentation de la CSG effective en 2026.
L’avantage décisif : ces dividendes ne supportent aucune cotisation sociale au titre du régime général. Concrètement, un dividende de 10 000 € distribué par une SASU est taxé à 31,4 %, soit 3 140 € de prélèvements, et vous touchez 6 860 € nets. Pas de charges patronales, pas de charges salariales, pas de cotisations retraite complémentaire.
En EURL : la règle des 10 % et les cotisations TNS
En EURL soumise à l’IS, les dividendes sont partiellement soumis aux cotisations sociales TNS. La règle est fixée par l’article L131-6 du Code de la Sécurité sociale : la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé (CCA) entre dans l’assiette des cotisations sociales du gérant.
En clair : si votre capital social est de 5 000 € et que vous n’avez pas de compte courant d’associé, les premiers 500 € de dividendes ne sont pas soumis aux cotisations TNS (mais restent taxés à la flat tax). Au-delà de 500 €, chaque euro supplémentaire de dividende est traité comme un revenu professionnel et soumis aux cotisations TNS, soit environ 45 % supplémentaires.
C’est un mécanisme anti-optimisation, introduit pour éviter que les gérants d’EURL ne se versent tout en dividendes pour échapper aux cotisations. Dans les faits, il rend les dividendes EURL beaucoup moins attractifs que les dividendes SASU, sauf si le capital social et les CCA sont suffisamment élevés pour que la base d’exonération soit significative.
La règle des 10 % s’applique à la somme capital social + primes d’émission + compte courant d’associé (CCA). Si vous avez un capital de 1 000 € et des CCA de 50 000 €, votre plafond d’exonération est de 10 % × (1 000 + 50 000) = 5 100 €. Augmenter votre CCA augmente mécaniquement le plafond. C’est l’un des leviers d’optimisation que j’analyse dans mon accompagnement, mais il doit être mani avec précaution.
Pour aller plus loin sur la mécanique des dividendes et de la flat tax, lisez mon article sur la flat tax PFU guide entrepreneur.
EURL vs SASU : dividendes et cotisations sociales 2026
| Critère | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Régime dividendes | Flat tax 31,4 % + cotisations TNS sur fraction >10 % capital | Flat tax 31,4 % uniquement |
| Seuil cotisations sociales | 10 % (capital + primes + CCA) | Aucun |
| Taux cotisations sur l’excédent | ~45 % (taux TNS) | 0 % |
| Cotisations minimales sans rémunération | ~1 000-1 200 €/an | 0 € |
| Flat tax | 12,8 % IR + 18,6 % PS | 12,8 % IR + 18,6 % PS |
Fiscalité : IR et IS, les options disponibles
EURL : IR par défaut, option IS possible
L’EURL dont l’associé unique est une personne physique est soumise par défaut à l’impôt sur le revenu (IR). Les bénéfices remontent directement dans votre déclaration personnelle et sont imposés selon le barème progressif, dans la catégorie BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou BNC (bénéfices non commerciaux) selon l’activité.
L’avantage de l’IR en début d’activité : si vous faites des déficits (ce qui arrive souvent la première année), ces déficits s’imputent sur vos autres revenus (salaires du conjoint, revenus fonciers, etc.) et peuvent réduire votre impôt global immédiatement. C’est un levier intéressant que la SASU ne permet pas, car elle est obligatoirement à l’IS.
Vous pouvez opter pour l’IS en EURL. Cette option est révocable pendant les 5 premiers exercices suivant son adoption. Après, elle devient définitive. L’IS offre le taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices (taux normal 25 % au-delà), et permet de dissocier les bénéfices de la société de vos revenus personnels : vous ne vous taxez que sur ce que vous vous versez effectivement.
Pour explorer ce choix en détail, je vous renvoie à mon article sur l’EURL IS ou IR.
SASU : IS par défaut, option IR limitée à 5 ans
La SASU est soumise à l’IS par défaut. Elle peut opter pour l’IR pendant les 5 premières années d’existence, sous conditions (effectif < 50 salariés, CA < 10 M€, société non cotée…). Mais au bout de 5 ans, elle bascule obligatoirement à l’IS.
À l’IS, les bénéfices non distribués restent dans la société et ne sont pas imposés à titre personnel. C’est la base de la stratégie “rémunération + dividendes” que beaucoup de dirigeants de SASU utilisent : se verser un salaire modéré (pour limiter les charges), laisser une partie du bénéfice en société, et distribuer des dividendes en flat tax quand la trésorerie est suffisante.
EURL vs SASU : comparatif fiscal et social complet 2026
| Critère | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Régime social dirigeant | TNS (indépendant) | Assimilé salarié (régime général) |
| Taux cotisations sur rémunération | ~40-45 % du revenu net | ~75-80 % du salaire net |
| Cotisations minimales sans rémunération | ~1 000-1 200 €/an | 0 € |
| Indemnités journalières maladie | Carence, base plus faible | Dès le 4e jour, base brute |
| Retraite complémentaire | Régime indépendants | Agirc-Arrco |
| Assurance chômage | Non | Non |
| Fiscalité par défaut | IR (option IS révocable 5 ans) | IS (option IR limitée 5 ans) |
| Dividendes cotisations sociales | Oui au-delà de 10 % capital+CCA | Non |
| Flat tax dividendes | 31,4 % (PFU 2026) | 31,4 % (PFU 2026) |
| Souplesse statutaire | Faible (cadre SARL) | Très forte (statuts libres) |
| Capital minimum libéré à la création | 20 % | 50 % |
| Évolution vers structure à plusieurs associés | Conversion SARL requise | Transformation SASU → SAS simple |
Coûts de fonctionnement et contraintes administratives
Sur la création proprement dite, les coûts sont comparables : annonce légale (~190 €), frais de greffe (~70 €), et honoraires si vous êtes accompagné. Chez Jurixa, je propose la création d’une EURL ou d’une SASU à partir de 500 € (+ frais légaux d’environ 200 €), avec des statuts rédigés sur-mesure selon votre situation, ce n’est pas un formulaire automatisé.
Combien coûte la création d'une EURL ou SASU en 2026 ?
| Prestataire | EURL | SASU |
|---|---|---|
| LegalTech (plateformes automatisées) | 99-199 € + frais légaux | 99-199 € + frais légaux |
| Jurixa (statuts sur-mesure, accompagnement humain) | À partir de 500 € + ~200 € de frais légaux | À partir de 500 € + ~200 € de frais légaux |
| Expert-comptable / Avocat | 1 000-2 500 € | 1 000-2 500 € |
Sur le fonctionnement annuel, les différences existent mais sont moins tranchées qu’on ne le pense. L’EURL a un cadre plus rigide sur les assemblées et les décisions du gérant, mais cela se traduit rarement par des coûts réels supplémentaires pour une entreprise unipersonnelle. La SASU demande des statuts bien rédigés dès le départ, une économie sur la création peut coûter cher si les statuts sont mal construits et qu’il faut les modifier ensuite.
Ce que j’observe souvent : les entrepreneurs qui ont opté pour une plateforme à 99 € me reviennent 18 mois plus tard pour une modification statutaire ou une entrée d’associé, avec des statuts tellement basiques qu’ils ne prévoient rien. Cette modification leur coûte finalement plus cher que s’ils avaient bien fait les choses dès le début.
Quel profil pour quelle structure ?
Voici comment j’oriente mes clients en pratique.
EURL : le bon choix si vous :
- démarrez avec peu de revenus et voulez limiter les charges fixes (cotisations TNS plus faibles que les charges assimilé salarié à faible rémunération)
- souhaitez opter pour l’IR les premières années pour imputer d’éventuels déficits sur vos revenus du foyer
- exercez une activité commerciale ou artisanale classique sans perspective d’entrée d’investisseurs
- êtes conjoint collaborateur (statut possible uniquement en EURL, pas en SASU)
SASU : le bon choix si vous :
- avez des droits ARE à conserver et voulez démarrer sans rémunération les premiers mois
- prévoyez de faire entrer des associés ou des investisseurs rapidement (la transformation SASU → SAS est simple, pas la EURL → SAS)
- voulez une protection sociale solide dès le premier salaire
- souhaitez distribuer des dividendes significatifs sans les voir soumis aux cotisations TNS
- valorisez la souplesse statutaire (clauses d’agrément, actions de préférence, pacte d’associés, etc.)
En matière de rémunération du dirigeant, EURL et SASU n’ont pas les mêmes équilibres optimaux. En EURL à l’IS, la combinaison rémunération modérée + dividendes dans la limite des 10 % peut être efficace, mais elle dépend fortement du niveau de capital. En SASU, un mix salaire réduit + dividendes flat tax est souvent la stratégie dominante pour les revenus moyens à élevés. Je détaille ces simulations dans mon article sur la rémunération président SASU salaire dividendes.
Pour approfondir la rémunération côté EURL, lisez aussi mon article sur la rémunération gérant EURL.
Et si vous hésitez toujours entre les deux ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Ce que je vois dans mon accompagnement : les créateurs qui choisissent mal leur statut ne le font pas par manque de lecture, ils ont souvent lu des dizaines d’articles. Ils le font parce qu’ils n’ont pas appliqué les critères à leur situation concrète : leur niveau de revenu projeté, leur situation matrimoniale, leur patrimoine personnel, leurs droits sociaux en cours, et leurs perspectives de croissance sur 3 à 5 ans.
Chez Jurixa, je prends le temps d’analyser votre projet avant de choisir avec vous. Ce n’est pas un formulaire avec des cases à cocher, c’est une vraie conversation. Et les statuts que je rédige sont construits sur-mesure selon votre situation, pas un modèle générique que n’importe qui peut télécharger.
Si vous hésitez entre les deux formes unipersonnelles, mon article EURL ou SARL comparatif peut aussi vous aider à comprendre quand et pourquoi passer à une structure pluripersonnelle. Et si vous avez déjà une EURL et envisagez la transformation, lisez mon article sur la transformation EURL SASU.
Questions fréquentes
EURL ou SASU : laquelle a le moins de charges sociales ?
À rémunération égale, l’EURL a généralement moins de charges sociales : environ 40-45 % du revenu contre 75-80 % du salaire net en SASU. Mais cette comparaison est trompeuse si on ne tient pas compte des dividendes. En SASU, les dividendes ne supportent que la flat tax à 31,4 % sans cotisations sociales. En EURL, les dividendes au-delà de 10 % du capital social et des comptes courants sont soumis aux cotisations TNS, ce qui peut inverser l’avantage.
Peut-on changer d’EURL en SASU facilement ?
Oui, mais ce n’est pas une simple formalité. La transformation d’une EURL en SASU implique un changement de forme sociale (de SARL à SAS), avec modification des statuts, décision de l’associé unique, rapport du commissaire à la transformation dans certains cas, et publication d’un avis dans un journal d’annonces légales. Le coût est variable (entre 500 € et 1 500 € selon la complexité). Je l’explique en détail dans mon article dédié à la transformation EURL SASU.
Quelle est la flat tax applicable aux dividendes en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax (PFU) est de 31,4 %, contre 30 % auparavant. Elle se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, suite à la hausse d’un point de la CSG. Elle s’applique aux dividendes de SASU sans condition. En EURL, elle s’applique à la fraction des dividendes dans la limite des 10 % du capital + CCA ; au-delà, les cotisations TNS (~45 %) remplacent les prélèvements sociaux du PFU.
Un gérant d’EURL peut-il bénéficier de l’ARE ?
Pas directement. Le gérant d’EURL rémunéré ne bénéficie pas de l’assurance chômage. En revanche, s’il bénéficiait de droits ARE avant sa création et qu’il opte pour l’ARCE (Aide à la Reprise ou Création d’Entreprise), il peut percevoir 60 % de ses droits restants en deux versements. Le maintien partiel des ARE est aussi possible, sous conditions de revenus. Ce n’est pas propre à l’EURL, le statut de président de SASU non rémunéré peut permettre un maintien plus favorable des droits ARE.
EURL ou SASU pour un freelance consultant ?
C’est une question que je traite souvent. Pour un freelance avec des revenus réguliers et significatifs (50 000 € et plus de chiffre d’affaires annuel), la SASU est souvent plus adaptée : dividendes sans cotisations sociales, souplesse statutaire si vous voulez un jour vous associer, et protection sociale complète. Mais pour un freelance qui démarre avec des revenus modestes ou irréguliers, l’EURL à l’IR peut être plus sûre au départ. Je détaille ce cas dans mon article SASU freelance consultant guide.
Choisir entre EURL et SASU, c’est choisir entre deux façons très différentes de vous payer, d’être protégé et de faire évoluer votre structure. Les deux sont des outils excellents, mais pour des profils et des trajectoires différents. Si vous n’êtes toujours pas certain après cet article, c’est le signal que vous avez besoin d’un regard extérieur sur votre situation personnelle. C’est exactement ce que je propose chez Jurixa : pas une plateforme qui remplit des formulaires, mais un accompagnement humain qui analyse votre projet avant de vous orienter vers la bonne structure.