En SASU, le président assimilé salarié supporte environ 80 % de cotisations sociales rapportées à son salaire net : pour 3 000 euros net par mois, la société débourse environ 5 400 euros. Les dividendes, eux, sont soumis à la flat tax de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), sans aucune cotisation sociale supplémentaire.
Dans mon accompagnement, je vois des créateurs aborder cette question avec des idées reçues dans les deux sens. Certains pensent que les dividendes en SASU sont quasi gratuits. D’autres paniquent devant les cotisations assimilé salarié et envisagent de passer en EURL pour économiser des charges, sans mesurer ce qu’ils perdent en protection sociale. L’arbitrage optimal n’est pas le même à 30 000 euros de revenu qu’à 120 000, et il change encore si vous avez un projet immobilier personnel ou si votre entreprise démarre avec de l’ACRE. Mon objectif dans cet article : vous donner les repères chiffrés pour utiliser un simulateur SASU de façon éclairée, et comprendre ce qui influence réellement votre revenu net.
- Charges assimilé salarié : environ 80 % du net (42 % patronales + 22 % salariales, sur le brut).
- Flat tax dividendes SASU : 31,4 % depuis 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS).
- IS : 15 % jusqu’à 42 500 euros de bénéfice, puis 25 % au-delà (art. 219 I b CGI).
- Seuil pour les indemnités journalières maladie : 24 401 euros brut/an.
- Seuil pour valider 4 trimestres de retraite : 7 212 euros brut/an (601 euros/mois).
- Le simulateur de rémunération du dirigeant de Jurixa calcule salaire net, coût employeur et dividendes nets avec les taux 2026.
Ce qu’un simulateur SASU calcule vraiment
Un simulateur SASU ne fait pas que convertir un brut en net. Il doit intégrer plusieurs couches de calcul pour donner un résultat utilisable.
La première couche, c’est la mécanique des cotisations assimilé salarié. Le président de SASU relève du régime général de la sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié. Concrètement, cela signifie des cotisations réparties entre une part patronale (payée par la société, environ 42 % du brut) et une part salariale (déduite du brut du président, environ 22 %). Pour un salaire brut de 3 000 euros par mois, la part salariale avoisine 660 euros, donc le net avant impôt tourne autour de 2 340 euros. Ajoutez les cotisations patronales de 1 260 euros environ, et le coût total pour la société atteint 4 260 euros par mois. Ramené au net, c’est donc ~82 % de charges sur le revenu net perçu.
La deuxième couche, c’est l’IS. Avant de distribuer des dividendes, la société doit dégager un bénéfice après déduction des salaires et des charges de fonctionnement. Ce bénéfice est soumis à l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 euros de bénéfice (pour les PME éligibles, capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, CA sous 10 millions d’euros), puis 25 % au-delà. C’est du bénéfice après IS que sortent les dividendes.
La troisième couche, c’est la flat tax sur les dividendes. Les dividendes distribués par une SASU sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS). Contrairement à une SARL, les dividendes SASU ne supportent aucune cotisation sociale supplémentaire, quelle que soit leur montant.
Un bon simulateur doit combiner ces trois couches pour répondre à la vraie question : combien reste-t-il dans la poche du dirigeant, après IS, après cotisations, après IR, selon différents mix salaire/dividendes ?
Les paramètres qui changent vraiment le résultat
Quand j’utilise le simulateur de rémunération du dirigeant avec mes clients, je leur explique toujours que trois paramètres font la différence entre deux profils qui semblent similaires.
Le niveau de rémunération brute et les seuils de protection sociale
Les cotisations assimilé salarié ne servent pas juste à financer un budget abstrait. Elles ouvrent des droits très concrets. Il y a deux seuils à connaître absolument.
Seuil 1 : 7 212 euros brut par an (soit environ 601 euros brut par mois). C’est le minimum pour valider 4 trimestres de retraite dans l’année. En dessous, vous validez des trimestres au prorata. Beaucoup de créateurs qui se versent rien ou presque en SASU les premières années ne réalisent ce manque que bien plus tard.
Seuil 2 : 24 401 euros brut par an (environ 2 034 euros brut par mois). C’est le seuil pour accéder aux indemnités journalières (IJ) en cas d’arrêt maladie ou de maternité/paternité. En dessous de ce montant, vous ne percevez aucune IJ de l’Assurance maladie. C’est un point que j’explique systématiquement à mes clients qui souhaitent démarrer avec une rémunération minimale.
En SASU sans salaire (rémunération nulle), le président n’a aucune protection sociale. Ni retraite, ni IJ maladie, ni allocations chômage. Ce n’est pas un cas rare : certains créateurs préfèrent se rémunérer uniquement en dividendes la première année pour limiter les charges. C’est une stratégie valable à court terme, mais il faut en mesurer les conséquences sur la couverture sociale personnelle.
L’ACRE la première année
Si vous créez votre SASU et bénéficiez de l’ACRE (aide à la création ou reprise d’entreprise), vous obtenez une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année. Depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE plafonne à 25 % d’exonération pour les revenus inférieurs à 75 % du PASS (environ 36 045 euros). Au-delà, l’exonération diminue progressivement et devient nulle au-delà du PASS. La demande doit être faite dans les 60 jours suivant la création auprès de l’Urssaf.
Concrètement : pour un président SASU qui se verse 3 000 euros brut par mois et bénéficie de l’ACRE, l’économie de cotisations peut atteindre 6 000 à 8 000 euros sur la première année. Un simulateur SASU sérieux doit intégrer ce paramètre.
La répartition salaire/dividendes selon votre taux marginal d’imposition
C’est le paramètre le plus souvent mal calibré. Les dividendes SASU supportent la flat tax de 31,4 %, mais il est possible d’opter pour l’imposition au barème progressif de l’IR avec un abattement de 40 %. Cette option n’est intéressante que si votre taux marginal d’imposition (TMI) est inférieur à environ 23 %. Si votre TMI est à 30 % ou plus, la flat tax reste préférable dans la plupart des cas.
La question “salaire ou dividendes ?” n’a pas de réponse universelle. J’accompagne des dirigeants qui maximisent leur revenu net avec une stratégie “salaire minimal + dividendes massifs” et d’autres pour qui un salaire plus élevé est préférable parce qu’ils ont des crédits immobiliers à obtenir (les banques regardent le salaire, pas les dividendes). Une simulation chiffrée avec votre situation personnelle est indispensable avant de figer votre politique de rémunération dans vos statuts.
Exemples chiffrés : trois profils de dirigeants SASU
Voici trois scénarios que je rencontre régulièrement dans mon accompagnement. Les calculs sont indicatifs et basés sur les taux 2026.
Profil A : Consultant débutant, CA annuel 60 000 euros
- Charges professionnelles : 5 000 euros
- Salaire brut : 24 000 euros/an (2 000 euros/mois brut)
- Salaire net avant IR : environ 18 700 euros/an
- Cotisations patronales : ~10 200 euros
- Bénéfice SASU avant IS : 60 000 - 5 000 - 24 000 - 10 200 = 20 800 euros
- IS à 15 % : 3 120 euros
- Bénéfice distribuable : 17 680 euros
- Dividendes nets après flat tax 31,4 % : 12 124 euros
- Revenu total net : 18 700 + 12 124 = 30 824 euros sur l’année
Ce profil couvre le seuil des IJ maladie (24 401 euros brut) et valide 4 trimestres de retraite. Un bon équilibre pour un démarrage.
Profil B : Freelance confirmé, CA annuel 120 000 euros
- Salaire brut : 48 000 euros/an (4 000 euros/mois brut)
- Salaire net avant IR : environ 37 400 euros/an
- Cotisations patronales : ~20 400 euros
- Bénéfice SASU : 120 000 - 48 000 - 20 400 = 51 600 euros (hors charges diverses)
- IS : 15 % sur 42 500 = 6 375 euros + 25 % sur 9 100 = 2 275 euros = 8 650 euros
- Bénéfice distribuable : 42 950 euros
- Dividendes nets après flat tax 31,4 % : 29 543 euros
- Revenu total net : 37 400 + 29 543 = 66 943 euros
Profil C : Dividendes uniquement (rémunération zéro)
- Bénéfice avant IS : 80 000 euros
- IS : 15 % sur 42 500 = 6 375 euros + 25 % sur 37 500 = 9 375 euros = 15 750 euros
- Bénéfice distribuable : 64 250 euros
- Dividendes nets après flat tax 31,4 % : 44 077 euros
- Revenu net : 44 077 euros
Attention : ce profil n’a aucune protection sociale (zéro IJ, zéro trimestre retraite). Et souvent, les banques refusent un crédit immobilier au dirigeant qui ne se verse pas de salaire.
Le simulateur de rémunération du dirigeant de Jurixa
Plutôt que de faire ces calculs à la main (avec le risque d’oublier une couche), utilisez le simulateur de rémunération du dirigeant disponible gratuitement sur Jurixa.
Il propose trois onglets :
Onglet 1 : Salaire net. Vous saisissez votre brut mensuel ou votre coût employeur cible, et le simulateur calcule le net avant IR, les cotisations salariales et patronales détaillées, ainsi que le superbrut (coût total pour la société).
Onglet 2 : Optimisation salaire/dividendes. C’est l’onglet le plus utilisé. Vous entrez votre chiffre d’affaires annuel, vos charges, votre situation fiscale personnelle, et le simulateur calcule le mix optimal entre salaire et dividendes pour maximiser votre revenu net.
Onglet 3 : Comparatif SASU vs EURL/SARL. Pour ceux qui hésitent encore entre les statuts, cet onglet compare le revenu net à prélèvements constants entre un président assimilé salarié (SASU/SAS) et un gérant TNS (EURL/SARL). Les différences sont parfois contre-intuitives selon le niveau de revenu.
Le simulateur intègre les taux 2026 (flat tax 31,4 %, IS 15 %/25 %, taux de cotisations Urssaf) et les seuils sociaux clés. Il ne remplace pas une analyse personnalisée (qui dépend aussi de votre situation familiale, de votre TMI, de vos projets patrimoniaux), mais il donne des ordres de grandeur fiables pour poser les bonnes questions avant de créer votre SASU.
SASU vs EURL : ce que le simulateur révèle souvent
Un point que je vois souvent mal compris : on croit que le gérant TNS d’EURL paye moins de charges qu’un président de SASU. C’est vrai en pourcentage du brut (les cotisations TNS représentent environ 45 % du revenu net déclaré). Mais les droits ouverts sont différents.
SASU (assimilé salarié) vs EURL (TNS gérant majoritaire) : rémunération 2026
| Critère | SASU (assimilé salarié) | EURL (TNS) |
|---|---|---|
| Régime social | Régime général Sécu | SSI (ex-RSI) |
| Cotisations sur salaire net | ~80 % | ~45 % |
| Indemnités journalières | Oui, dès 24 401 EUR brut/an | Oui, mais moins élevées |
| Retraite complémentaire | Agirc-Arrco (élevée) | Cipav ou SSI (plus faible) |
| Prévoyance de base | Oui (régime général) | Faible (SSI) |
| Dividendes au-delà de 10 % du capital | Flat tax 31,4 % uniquement | Cotisations TNS ~45 % |
| Cotisation minimale | Zéro si salaire nul | Forfait minimum ~1 000 EUR/an |
La différence sur les dividendes est souvent décisive. En EURL/SARL, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social est soumise aux cotisations TNS (~45 %). En SASU, tous les dividendes sont soumis à la seule flat tax de 31,4 %, sans plafond. Pour un dirigeant qui génère des bénéfices importants et prévoit de se verser des dividendes significatifs, la SASU est souvent plus avantageuse, même si le coût du salaire minimum est plus élevé.
J’accompagne régulièrement des gérants d’EURL qui passent en SASU précisément pour cette raison, après avoir calculé leur situation avec le comparatif EURL vs SASU.
La décision de se verser un salaire (et son montant) doit être prise par décision de l’associé unique, retranscrite dans un procès-verbal. Ce n’est pas une simple décision informelle. Un oubli de PV peut poser des problèmes lors d’un contrôle URSSAF ou d’une cession de la société. Dans mon accompagnement, je prépare les modèles de PV nécessaires dès la création.
Ce que Jurixa fait que le simulateur seul ne peut pas faire
Un simulateur SASU calcule sur la base d’hypothèses standard. Il ne connaît pas votre situation patrimoniale, vos projets à cinq ans, votre régime matrimonial ni votre fiscalité personnelle précise. Chez Jurixa, je combine l’outil avec une analyse de votre situation concrète.
Ce que je fais pour mes clients : je rédige des statuts sur-mesure qui intègrent dès l’origine les clauses de gouvernance adaptées à votre situation (associé unique qui restera seul, ou projet d’entrée de partenaires), je structure la rémunération initiale en tenant compte de l’ACRE si vous y avez droit, et je vous explique comment ajuster votre politique de dividendes au fil des exercices. La création SASU est disponible à partir de 500 euros, sans mention de TVA (activité en micro-entreprise).
Pour comparer avec une plateforme automatisée à 99-199 euros qui génère des statuts depuis un modèle standard, sans analyse de votre situation réelle : la différence ne se mesure pas à la création, elle se mesure deux ans plus tard quand un partenaire veut entrer au capital et que les statuts ne prévoient rien, ou quand vous souhaitez modifier votre politique de rémunération et qu’il faut tout reprendre.
Questions fréquentes
Comment simuler son salaire net en SASU ?
La méthode manuelle : partez de votre brut mensuel, soustrayez environ 22 % de cotisations salariales pour obtenir le net avant IR. Pour le coût total employeur, ajoutez environ 42 % du brut en cotisations patronales. Soit pour 3 000 euros brut : net avant IR d’environ 2 340 euros, coût total employeur d’environ 4 260 euros. Pour aller plus loin avec les données 2026 et l’arbitrage dividendes, utilisez le simulateur de rémunération du dirigeant disponible sur Jurixa.
La flat tax sur les dividendes SASU a-t-elle changé en 2026 ?
Oui. La loi de financement de la sécurité sociale 2026 a relevé le taux des prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %. Le PFU (flat tax) passe donc de 30 % à 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS) depuis le 1er janvier 2026. Cette hausse de 1,4 point impacte directement le rendement net des dividendes SASU. Pour 10 000 euros de dividendes bruts, c’est 140 euros de prélèvements supplémentaires par rapport à 2025.
Peut-on se verser zéro salaire en SASU ?
Oui, légalement. Le président de SASU peut décider de ne percevoir aucune rémunération. Il se rémunère alors uniquement via des dividendes. Mais sans salaire, il n’a aucune protection sociale : pas d’IJ maladie, pas de trimestres de retraite, pas de couverture AT/MP. Et de nombreuses banques considèrent qu’un dirigeant sans salaire n’est pas solvable pour un prêt immobilier.
Quand vaut-il mieux choisir l’EURL plutôt que la SASU ?
L’EURL est souvent préférable quand le chiffre d’affaires est modeste (sous 40 000-50 000 euros par an) et que les bénéfices restent limités, car le cotisant TNS paye des charges proportionnellement inférieures à un assimilé salarié pour un revenu net équivalent. Au-delà, surtout si vous prévoyez de distribuer des dividendes importants, la SASU prend généralement l’avantage via la flat tax 31,4 % sans cotisations TNS sur les dividendes. Le simulateur comparatif SASU/EURL de Jurixa calcule le point de bascule selon votre CA.
Peut-on modifier sa rémunération en SASU après la création ?
Oui, à n’importe quel moment. La rémunération du président de SASU est fixée par décision de l’associé unique (ou par les statuts si vous avez prévu cette clause). Il suffit d’un procès-verbal de décision pour augmenter, diminuer ou supprimer la rémunération. C’est l’un des avantages de la SASU sur la SARL, où la modification de rémunération du gérant est plus formalisée.
Votre revenu net réel, avant de vous lancer
Simuler sa rémunération de président SASU n’est pas un exercice purement comptable. C’est la question centrale de votre projet : combien allez-vous toucher, pour quel niveau de protection sociale, et avec quel impact sur la trésorerie de votre société ? Les réponses dépendent de paramètres qui varient d’un profil à l’autre.
Commencez par le simulateur de rémunération du dirigeant pour avoir vos ordres de grandeur 2026. Puis, si vous avez des questions sur votre situation personnelle, sur le choix entre SASU et EURL, ou sur la rédaction de vos statuts, contactez-moi directement. Chez Jurixa, j’accompagne la création de votre société avec une analyse concrète de votre structure de rémunération, pas avec un modèle générique.