Un simulateur EURL sert à estimer trois chiffres avant même de créer votre société : votre revenu net réel de gérant, le montant de vos cotisations sociales TNS (environ 40 à 45 % de votre rémunération nette en 2026), et votre impôt selon que vous restez à l’impôt sur le revenu ou que vous optez pour l’impôt sur les sociétés. En clair, l’outil traduit un bénéfice théorique en argent qui arrive vraiment sur votre compte personnel.
La semaine dernière encore, un client me présentait son projet en disant « je vais me verser 4 000 euros par mois ». Quand on a fait tourner les chiffres ensemble, sa rémunération nette réelle, une fois les cotisations payées, tombait à un niveau qu’il n’avait pas anticipé. C’est exactement le rôle d’une simulation faite en amont : éviter la mauvaise surprise du premier appel de cotisations URSSAF. Mon objectif ici, vous donner la méthode pour utiliser un simulateur EURL correctement, comprendre chaque ligne du résultat, et savoir quand l’IR bat l’IS (et inversement).
À quoi sert vraiment un simulateur EURL
Une EURL, c’est une SARL à associé unique. Le gérant associé unique relève du statut de travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Concrètement, vos cotisations ne sont pas prélevées comme un salaire classique : elles sont calculées sur votre revenu professionnel, avec un système d’acomptes puis de régularisation l’année suivante.
C’est là que la simulation devient utile. Sans elle, vous raisonnez sur un bénéfice brut. Avec elle, vous voyez ce qui reste après cotisations et impôt. Un bon simulateur fait apparaître quatre blocs :
- le chiffre d’affaires et les charges d’exploitation pour dégager le résultat
- les cotisations sociales du gérant TNS
- l’impôt, qui change radicalement selon le régime fiscal choisi
- la rémunération nette finale, plus éventuellement les dividendes
Le simulateur officiel le plus fiable reste celui de l’URSSAF, qui calcule le revenu net du dirigeant d’EURL à partir du montant que vous décidez d’allouer à votre rémunération (simulateur de revenus dirigeant EURL, urssaf.fr). Il intègre les taux et la cotisation minimale de l’année en cours.
Faites toujours deux simulations en parallèle : une à l’IR, une à l’IS. La différence de revenu net peut dépasser plusieurs milliers d’euros par an pour un même bénéfice. C’est ce comparatif, pas le chiffre isolé, qui éclaire votre décision.
Les cotisations sociales TNS : le poste qui change tout
Le gérant majoritaire d’EURL cotise sur sa rémunération nette, pas sur un brut comme un salarié. Le taux global se situe entre 38 % et 45 % du revenu net selon le niveau de revenu, avec une légère dégressivité quand le revenu monte. Ces cotisations couvrent la maladie, la retraite de base, la retraite complémentaire, l’invalidité-décès, les allocations familiales et la CSG-CRDS.
Un point que beaucoup de créateurs ignorent : même sans rémunération, vous payez des cotisations minimales. En 2026, elles correspondent à une base forfaitaire et représentent de l’ordre de 1 255 euros au titre de la retraite de base, l’invalidité-décès et les indemnités journalières. Autrement dit, une EURL « en sommeil » génère quand même un coût social plancher.
2026 apporte une nouveauté importante à intégrer dans toute simulation. La réforme de l’assiette sociale des indépendants applique désormais un abattement de 26 % sur l’assiette de calcul, ce qui réduit la base servant aux cotisations par rapport à l’ancien système. En parallèle, les taux de retraite ont été ajustés à la hausse (la retraite complémentaire passe par exemple à 8,1 % sur la part plafonnée). Le résultat net pour le dirigeant dépend de cet équilibre, et c’est précisément pour ça qu’un simulateur à jour vaut mieux qu’un calcul de coin de table.
L’assiette des cotisations du TNS est définie par l’article L131-6 du Code de la sécurité sociale, en vigueur. Retenez ce mécanisme, vous y reviendrez dès qu’on parlera de dividendes.
IR ou IS : le choix qui pilote votre simulation
C’est la bascule centrale de toute projection EURL. Le régime fiscal par défaut et l’option changent complètement le résultat.
À l’impôt sur le revenu (IR), régime par défaut quand l’associé unique est une personne physique, l’EURL est fiscalement transparente. Le bénéfice est imposé directement entre vos mains, au barème progressif, dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou des BNC (bénéfices non commerciaux) selon l’activité. Vous ne distinguez pas rémunération et dividendes : tout le bénéfice est votre revenu, qu’il reste ou non dans la société.
À l’impôt sur les sociétés (IS), sur option, la logique change. La société paie d’abord son propre impôt sur le bénéfice. Vous, gérant, vous vous versez une rémunération (déductible du résultat de la société) et, si vous le souhaitez, des dividendes prélevés sur le bénéfice après impôt. Attention, l’option pour l’IS est irrévocable au-delà du délai de renonciation, c’est une décision structurante qu’une simulation aide à sécuriser.
Le barème de l’IS en 2026, confirmé par l’article 219 du Code général des impôts (en vigueur) : 15 % sur la fraction de bénéfice jusqu’à 42 500 euros, puis 25 % au-delà. Le taux réduit de 15 % suppose trois conditions cumulatives : un chiffre d’affaires inférieur ou égal à 10 millions d’euros, un capital entièrement libéré, et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Une EURL classique remplit presque toujours ces conditions.
EURL à l'IR ou à l'IS : ce que voit votre simulateur en 2026
| Critère | EURL à l’IR | EURL à l’IS |
|---|---|---|
| Régime | Par défaut (personne physique) | Sur option (irrévocable) |
| Base imposée | Tout le bénéfice, au barème IR | Rémunération au barème IR + IS société |
| Taux | Barème progressif IR | 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % |
| Rémunération flexible | Non (bénéfice = revenu) | Oui (salaire + dividendes) |
| Dividendes possibles | Non | Oui |
| Amortissement, abattement 10 % | Limité | Oui |
| Idéal pour | Revenus modestes, déficits à imputer | Bénéfices élevés, pilotage de la rémunération |
Dans mon accompagnement, je vois une règle empirique se confirmer : tant que le bénéfice reste modeste et que vous avez besoin de tout pour vivre, l’IR est souvent plus simple et plus léger. Dès que le bénéfice dépasse votre besoin de revenu personnel, l’IS commence à reprendre l’avantage car il permet de laisser de l’argent dans la société, taxé à 15 %, plutôt que de tout exposer au barème progressif.
Les dividendes EURL : la règle des 10 % à ne jamais oublier
Voilà le piège que les simulateurs trop simples passent sous silence. En EURL à l’IS, vous pouvez vous verser des dividendes. Mais contrairement à une SASU, une partie de ces dividendes supporte des cotisations sociales TNS.
La règle : la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé est soumise aux cotisations sociales TNS (de l’ordre de 45 %), et non à la simple flat tax. La fraction inférieure à ce seuil de 10 %, elle, ne supporte que les prélèvements sociaux et l’impôt via la flat tax à 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux).
Un exemple concret. Capital social de 5 000 euros, vous voulez distribuer 20 000 euros de dividendes. Les 10 % du capital, soit 500 euros, restent en régime « flat tax ». Les 19 500 euros restants basculent dans l’assiette des cotisations TNS. La facture sociale grimpe d’un coup. C’est pour ça que la stratégie « tout en dividendes » qui marche en SASU se retourne contre vous en EURL.
Un simulateur EURL crédible doit vous demander votre capital social pour appliquer la règle des 10 %. S’il ne le demande pas, il surestime l’intérêt des dividendes. Méfiez-vous des outils qui promettent un revenu net mirobolant en oubliant cette ligne.
C’est aussi la raison pour laquelle je conseille rarement de fixer un capital symbolique de 1 euro quand une stratégie de dividendes est envisagée : un capital plus étoffé élargit la part de dividendes exonérée de cotisations TNS. Une décision à prendre dès la rédaction des statuts, pas après.
Comment simuler votre EURL pas à pas
Voici la méthode que j’applique avec mes clients avant chaque création.
Estimez votre chiffre d’affaires réaliste sur 12 mois, puis retirez vos charges d’exploitation (loyer, fournitures, assurances, abonnements). Vous obtenez votre résultat avant rémunération.
Choisissez le scénario fiscal : lancez une première simulation à l’IR, une seconde à l’IS. Utilisez le simulateur URSSAF pour la partie sociale, qui intègre les taux 2026.
Fixez votre rémunération cible (en IS) et laissez l’outil calculer les cotisations TNS, puis le revenu net.
Ajoutez les dividendes éventuels en saisissant votre capital social, pour que la règle des 10 % s’applique correctement.
Comparez les deux revenus nets finaux, IR contre IS, et regardez aussi votre protection sociale et votre validation de trimestres de retraite, pas seulement le net.
Le simulateur de rémunération du dirigeant proposé par mon-entreprise.urssaf.fr part du total alloué à la rémunération pour en déduire le net, c’est l’inverse de la logique « combien je peux me verser ». Les deux approches sont utiles, je vous conseille de tester les deux sens.
Pour aller plus loin que la simple paie et comparer EURL et SASU sur la rémunération du dirigeant, vous pouvez utiliser notre simulateur de rémunération dirigeant : il couvre l’EURL et la SARL face à la SASU, avec un onglet salaire, un onglet optimisation et un onglet comparatif. C’est le complément idéal d’un simulateur strictement EURL quand vous hésitez encore sur la forme juridique.
Combien coûte réellement la création d’une EURL en 2026
La simulation de votre revenu, c’est une chose. Le coût de constitution en est une autre, et il vaut mieux le connaître avant de se lancer.
Combien coûte réellement la création d'une EURL en 2026 ?
| Solution | Tarif | Ce que vous obtenez |
|---|---|---|
| Plateforme automatisée | 99 à 199 € + frais | Statuts générés depuis un modèle type |
| Jurixa | 500 € + frais légaux (~200 €) | Statuts sur-mesure, analyse de votre situation |
| Expert-comptable / avocat | 1 000 à 2 500 € | Prestation complète, souvent surdimensionnée |
Une plateforme à 99 euros génère des statuts depuis un modèle. Le souci, c’est qu’elle ne pose pas les bonnes questions : votre capital social est-il calibré pour votre stratégie de dividendes ? Votre objet social couvre-t-il vos activités futures ? Avez-vous anticipé une transformation en SARL si un associé entre plus tard ? Ces angles morts coûtent cher deux ans après. À l’autre bout, un expert-comptable ou un avocat facturera souvent entre 1 000 et 2 500 euros, ce qui est justifié pour des montages complexes mais excessif pour une EURL standard.
Chez Jurixa, je rédige des statuts sur-mesure (pas un modèle généré automatiquement), j’analyse votre situation patrimoniale et votre projet de rémunération, et je facture à partir de 500 euros, plus les frais légaux incompressibles. C’est le juste prix d’un service humain et expert pour un projet de création EURL cadré. Et si après simulation l’IS et le pilotage rémunération-dividendes vous semblent plus adaptés en SASU, je vous le dis franchement, parce que mon rôle n’est pas de vous vendre une forme mais de structurer la bonne.
Questions fréquentes
Le simulateur EURL est-il fiable pour décider IR ou IS ?
Un simulateur donne un ordre de grandeur très utile, surtout celui de l’URSSAF qui intègre les taux et la cotisation minimale 2026. Mais il ne remplace pas une analyse de votre situation complète (autres revenus du foyer, quotient familial, projet à 3 ans). Servez-vous-en pour dégrossir, puis affinez avec un professionnel avant de poser l’option IS, qui est irrévocable.
Quelle rémunération nette pour 100 % du bénéfice en EURL ?
Tout dépend du régime. À l’IR, l’intégralité du bénéfice est votre revenu imposable, cotisations TNS comprises. À l’IS, si vous vous versez tout en rémunération, comptez environ 40 à 45 % de cotisations sociales sur le net, ce qui ramène le revenu disponible bien en dessous du bénéfice affiché. Un simulateur fait apparaître cet écart immédiatement.
Les dividendes d’EURL sont-ils intéressants ?
Moins qu’en SASU, à cause de la règle des 10 %. La fraction de dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et du compte courant supporte les cotisations TNS (autour de 45 %), pas seulement la flat tax. Les dividendes restent pertinents si votre capital est suffisamment dimensionné, ce qui se décide dès la rédaction des statuts.
Faut-il un capital social élevé pour optimiser une EURL ?
Pas systématiquement, mais un capital plus étoffé élargit la part de dividendes exonérée de cotisations TNS (le seuil des 10 %). Si votre stratégie repose sur les dividendes, un capital de 1 euro est contre-productif. Si vous vous rémunérez uniquement en salaire, le montant du capital pèse peu sur l’optimisation sociale.
Combien coûte la création d’une EURL en 2026 ?
Les frais légaux incompressibles tournent autour de 200 euros (greffe, annonce légale, déclaration des bénéficiaires effectifs). À cela s’ajoute la rédaction des statuts : gratuite si vous le faites seul, autour de 99 euros sur une plateforme automatisée, à partir de 500 euros chez Jurixa pour des statuts sur-mesure, et 1 000 à 2 500 euros chez un expert-comptable ou un avocat.
Simuler son EURL avant de la créer, ce n’est pas un luxe de prudent, c’est la base d’une décision sereine. Les chiffres du revenu net, des cotisations TNS et de l’arbitrage IR-IS ne mentent pas, à condition d’utiliser un outil à jour des règles 2026 et de ne jamais oublier la règle des 10 % sur les dividendes. Faites tourner les deux scénarios, regardez le net réel et pas seulement le bénéfice, et calibrez votre capital en conséquence.
Si vous voulez transformer ces projections en une société solide, avec des statuts qui collent vraiment à votre stratégie de rémunération, je vous accompagne de bout en bout.