Non, vous ne pouvez pas créer deux micro-entreprises. La règle est absolue : une personne physique ne peut obtenir qu’un seul numéro SIREN en tant que micro-entrepreneur. Impossible de contourner cela en déclarant deux activités séparément, ou en utilisant deux adresses différentes. En revanche, votre micro-entreprise unique peut tout à fait accueillir plusieurs activités distinctes sous le même numéro, avec des plafonds qui s’adaptent selon ce que vous faites.
Dans mon accompagnement, cette question revient presque chaque semaine. Des gens qui veulent lancer une deuxième activité et pensent que la solution est de créer une deuxième micro-entreprise. Parfois, ils ont même tenté de le faire avant de me contacter, pour se retrouver bloqués à l’étape d’enregistrement sur le guichet unique INPI. La bonne nouvelle : la solution est souvent plus simple qu’ils ne le pensaient. Mon objectif ici est de vous expliquer exactement ce que la loi autorise, comment ajouter une activité secondaire à votre micro existante, et quand il vaut vraiment mieux créer une société à côté.
- Une personne physique = un seul SIREN = une seule micro-entreprise. Sans exception.
- Mais vous pouvez exercer plusieurs activités différentes sous cette unique micro-entreprise.
- Pour ajouter une activité secondaire : formalité de modification sur le guichet unique INPI (gratuit).
- Si vous mixez vente et services, deux plafonds s’appliquent simultanément : 203 100 € global et 83 600 € pour les services seuls.
- Alternative si vous voulez vraiment séparer : créer une EURL ou SASU à côté de votre micro.
Pourquoi on ne peut pas avoir deux micro-entreprises
La micro-entreprise est une forme d’entreprise individuelle. Et une entreprise individuelle, c’est vous. Pas une entité distincte, pas une société : votre patrimoine personnel, vos revenus professionnels et votre activité ne font qu’un (sauf si vous avez opté pour le statut d’entrepreneur individuel à responsabilité limitée, mais c’est un autre sujet).
Concrètement, votre numéro SIREN est attribué à vous en tant que personne physique. L’INPI et l’URSSAF ne peuvent pas vous en attribuer un deuxième. Si vous tentez de créer une deuxième micro-entreprise via le guichet unique, le système vous bloquera : il détecte que vous possédez déjà un SIREN actif en tant qu’entrepreneur individuel.
L’article 50-0 du Code général des impôts, en vigueur depuis le 1er juillet 2026 dans sa version actualisée par la loi n°2025-127 du 14 février 2025, est le texte de référence qui fixe le régime micro-BIC. Il précise d’ailleurs que les contribuables exploitant plusieurs entreprises dont le CA total dépasse les plafonds sont exclus du régime. Traduction : la loi anticipe le cas de figure, mais pour l’exclure, pas pour l’autoriser.
L’article 50-0 du CGI (legifrance.gouv.fr) fixe les plafonds et les conditions du régime micro-BIC. Il est en vigueur et a été actualisé par la loi n°2025-127 du 14 février 2025, avec une entrée en application à compter du 1er juillet 2026. Les plafonds 2026 sont : 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les autres activités (services BIC, BNC).
Ce que vous pouvez faire : plusieurs activités sous une seule micro
Votre micro-entreprise peut exercer plusieurs activités simultanément. Ce n’est pas une tolérance, c’est explicitement prévu par les textes. Selon economie.gouv.fr, une personne physique ne peut détenir qu’une seule micro-entreprise, mais il est autorisé d’exercer plusieurs activités au sein de la même, en déclarant une activité principale et des activités secondaires. Pour la gestion concrète de ces activités multiples (plafonds mixtes, cotisations, déclaration), j’ai détaillé le sujet dans exercer plusieurs activités en micro-entreprise.
Exemples concrets que je rencontre régulièrement :
- Un développeur freelance (prestation de services BNC) qui vend aussi des plugins et templates (vente de produits numériques).
- Un artisan menuisier (prestation BIC) qui revend du bois et des matériaux à ses clients.
- Une coach de vie (BNC) qui vend des livres et programmes en ligne (vente).
- Un graphiste (BNC) qui donne des formations en entreprise (BNC aussi, même catégorie).
Dans chacun de ces cas, une seule micro-entreprise suffit. Pas besoin d’en créer une deuxième.
Comment ajouter une activité secondaire à votre micro existante
La procédure est simple et gratuite. Vous déclarez une modification de votre activité sur le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). C’est là qu’ont migré toutes les formalités des entreprises individuelles depuis janvier 2023, en remplacement des anciens CFE (Centres de Formalités des Entreprises).
Étapes concrètes :
- Connectez-vous sur formalites.entreprises.gouv.fr avec votre compte professionnel.
- Sélectionnez votre micro-entreprise existante (via votre SIREN).
- Choisissez “Modifier mon entreprise” puis “Activités”.
- Déclarez la nouvelle activité comme activité secondaire, en précisant sa nature (commerciale, artisanale, libérale).
- Un nouveau code APE (code d’activité principale exercée, attribué par l’INSEE) vous sera assigné pour cette activité secondaire.
Les deux activités seront rattachées à votre numéro SIREN unique. Vous déclarerez ensuite votre chiffre d’affaires en distinguant les recettes par catégorie d’activité, directement dans votre espace URSSAF auto-entrepreneur.
Si votre activité secondaire relève d’une profession réglementée (médecin, avocat, architecte, agent immobilier…), vérifiez les règles d’accès spécifiques à votre ordre professionnel. Certaines professions ne peuvent pas exercer en micro-entreprise du tout, ou exigent une autorisation préalable avant d’ajouter une activité connexe.
La règle des plafonds quand vous mixez vente et services
C’est le point technique le plus important à comprendre quand votre micro-entreprise mélange des activités de vente de marchandises et des activités de prestations de services.
Deux conditions doivent être respectées simultanément :
- Le chiffre d’affaires global (toutes activités confondues) doit rester sous 203 100 €.
- Le chiffre d’affaires des seules activités de services (BIC et BNC) doit rester sous 83 600 €.
Ces deux plafonds sont cumulatifs. Dépasser l’un ou l’autre vous fait sortir du régime micro-entreprise pour l’ensemble de vos activités, même si l’autre plafond est respecté.
Plafonds micro-entreprise 2026 selon le type d'activité
| Type d’activité | Plafond CA annuel | Abattement fiscal | Cotisations sociales |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hôtellerie (BIC commerce) | 203 100 € | 71 % | 12,3 % |
| Prestations de services BIC (artisans, agents commerciaux) | 83 600 € | 50 % | 21,2 % |
| Professions libérales et BNC (consultants, formateurs, coachs) | 83 600 € | 34 % | 25,6 % |
| Activité mixte vente + services | 203 100 € global ET 83 600 € pour la part services | Calculé par catégorie | Calculé par catégorie |
Exemple concret que je citais récemment à un client : une photographe qui vend aussi des tirages photo (vente) et fait des séances photo (prestation BNC). En 2026, si ses tirages génèrent 80 000 € et ses séances photo 70 000 €, son CA global est 150 000 € (sous 203 100 €), mais son CA services dépasse 83 600 €. Elle sort du régime micro-entreprise même si le plafond global est respecté.
Les plafonds 2026 ont été revalorisés par rapport aux années précédentes. La valeur de 203 100 € (vente) et 83 600 € (services) est celle issue de la loi n°2025-127 du 14 février 2025, applicable pour les années 2026, 2027 et 2028. Ne vous fiez pas à des sources qui mentionneraient encore 188 700 € ou 77 700 € : ce sont les anciens plafonds 2023-2025, désormais caducs.
Votre conjoint peut avoir sa propre micro-entreprise
Cette configuration mérite d’être précisée, car je la vois souvent mal comprise. Si vous et votre conjoint êtes deux personnes physiques distinctes, chacun peut avoir sa propre micro-entreprise. Elles seront indépendantes, avec chacune son propre SIREN, ses propres déclarations, ses propres plafonds.
Ce qui est en revanche interdit : qu’une seule personne physique en possède deux simultanément. La règle vise la même personne, pas le foyer fiscal dans son ensemble.
Cas pratique : un couple dans lequel l’un est consultant en informatique (micro BNC) et l’autre fait de la couture sur commande (micro BNC ou BIC artisanal). Chacun crée sa micro séparément, déclare ses revenus séparément, respecte ses propres plafonds. Cela n’a rien de problématique d’un point de vue légal, même s’ils partagent la même adresse comme siège social.
Quand vous avez déjà fermé une micro et que vous voulez en recréer une
Bonne nouvelle : si vous avez cessé votre activité de micro-entrepreneur et fermé votre micro-entreprise, vous pouvez tout à fait en ouvrir une nouvelle. Il n’y a pas de délai de carence légal pour recréer une micro-entreprise après une fermeture.
Attention en revanche sur deux points :
- Si vous avez bénéficié de l’ACRE lors de votre première création, vous ne pourrez pas en bénéficier une deuxième fois si vous avez déjà profité de cet avantage dans les 3 ans précédents.
- Votre ancien numéro SIREN peut être réactivé si l’inactivité est récente, ou un nouveau SIREN vous sera attribué selon les situations. À vérifier avec l’URSSAF et l’INPI lors de votre nouvelle déclaration.
Pour en savoir plus sur les démarches de fermeture et réouverture, service-public.fr détaille les conditions de cumul d’activités.
L’alternative : créer une société à côté de votre micro
Si vous voulez vraiment séparer deux activités de manière étanche (comptes distincts, responsabilités séparées, stratégies fiscales différentes), la solution est de créer une société (EURL ou SASU) à côté de votre micro-entreprise. Les deux structures sont compatibles sous conditions.
Micro-entreprise + SASU (ou SAS) : autorisé. Le président de SASU est considéré comme assimilé-salarié. Ce statut social est compatible avec celui de micro-entrepreneur. Vous cumulez les deux.
Micro-entreprise + EURL (ou SARL) : attention. Si vous êtes gérant majoritaire de l’EURL (ce qui est souvent le cas quand c’est vous l’associé unique), vous relevez du régime SSI (Sécurité Sociale des Indépendants), comme en micro-entreprise. Le cumul est autorisé mais les cotisations se cumulent sur vos deux bases de revenus. À anticiper.
Ce que je recommande à mes clients dans cette situation : la combinaison micro (pour une activité qui reste sous les plafonds ou bénéficie de l’abattement fiscal élevé) + SASU (pour une activité à plus fort potentiel ou qui nécessite une image plus structurée) est souvent optimale. Chez Jurixa, j’accompagne régulièrement ce type de montage, avec une analyse de votre situation réelle avant de choisir la structure.
Quelle structure pour gérer plusieurs activités en 2026 ?
| Situation | Solution recommandée | Avantage principal |
|---|---|---|
| Deux activités, plafonds non atteints | Une seule micro avec activité secondaire | Simplicité maximale, zéro frais de structure |
| Activité A sous plafond + activité B en forte croissance | Micro (activité A) + SASU (activité B) | Séparation nette, IS possible sur la SASU |
| Deux activités, CA total dépasse les plafonds micro | Passage en EURL ou SASU pour l’ensemble | Déductibilité des charges réelles |
| Couple avec deux activités distinctes | Deux micros séparées (une par conjoint) | Simplicité, deux SIREN, deux plafonds |
La création d’une SASU à côté d’une micro, je la structure régulièrement pour des clients. Ce n’est pas un montage compliqué, mais il faut bien calibrer dès le départ : domiciliation, rémunération du président, gestion des dividendes, articulation des deux structures. Chez Jurixa, j’accompagne cette analyse dans le cadre d’une création de SASU à partir de 500 euros, statuts sur-mesure inclus.
Quelle structure choisir selon votre situation
Pour vous aider à y voir plus clair, voici un tableau de positionnement honnête sur ce que coûte vraiment chacune des options pour structurer plusieurs activités :
Coût de la structuration multi-activités en 2026
| Option | Plateformes automatisées | Jurixa | Expert-comptable / Avocat |
|---|---|---|---|
| Ajout activité secondaire à micro existante | Gratuit (guichet INPI direct) | 50 € (accompagnement) | 200-500 € |
| Création micro-entreprise | 49-99 € | 50 € | 200-500 € |
| Création SASU à côté de la micro | 99-199 € + frais (statuts types) | 500 € + frais (~200 €) statuts sur-mesure | 1 000-2 500 € |
| Passage en EURL (si dépassement micro) | 99-199 € + frais | 500 € + frais (~200 €) | 1 000-2 500 € |
Une plateforme automatisée génère des statuts à partir d’un modèle générique à 99 euros. Pour une micro-entreprise, ça suffit souvent, le cadre légal étant simple. Mais pour structurer une SASU à côté de votre micro, ou pour passer en EURL avec une situation patrimoniale ou familiale particulière, un document générique peut créer des blocages deux ans plus tard quand votre situation évolue.
Chez Jurixa, je rédige des statuts sur mesure après avoir analysé votre projet, votre situation personnelle et vos objectifs. Ce n’est pas de la production en série.
Questions fréquentes
Peut-on avoir deux numéros SIREN en tant que micro-entrepreneur ?
Non. Une personne physique ne peut obtenir qu’un seul numéro SIREN en tant qu’entrepreneur individuel. C’est le principe même de l’entreprise individuelle : vous et votre entreprise êtes une seule et même entité. Si vous avez besoin d’une structure distincte avec sa propre personnalité morale, il faut créer une société (EURL, SASU…).
Que se passe-t-il si je dépasse les plafonds avec plusieurs activités ?
Si votre chiffre d’affaires dépasse les plafonds pendant deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers un régime réel d’imposition (régime simplifié ou normal). Vous perdez les avantages du micro (abattement forfaitaire, micro-social). En cas de dépassement sur une seule année, vous conservez le régime micro pour l’année suivante, mais la deuxième année de dépassement vous en fait sortir définitivement (jusqu’à repasser sous les seuils deux ans de suite).
Mon conjoint peut-il créer une micro-entreprise identique à la mienne ?
Oui, si votre conjoint est une personne physique distincte, il peut créer sa propre micro-entreprise, même avec une activité similaire à la vôtre. Les deux structures seront indépendantes avec chacune son SIREN, ses plafonds et ses déclarations. Cela ne pose aucun problème légal, sous réserve des règles spécifiques à certaines professions réglementées.
Puis-je cumuler une micro-entreprise et une SASU dont je suis président ?
Oui, c’est une des combinaisons les plus fréquentes que j’accompagne. Le président de SASU est affilié au régime général (assimilé-salarié), statut compatible avec celui de micro-entrepreneur (SSI). Les cotisations s’appliquent sur chaque structure indépendamment. Si vous êtes gérant majoritaire d’une SARL, la réponse est plus nuancée : vérifiez la compatibilité des régimes sociaux avant de vous lancer.
Comment déclarer deux activités différentes à l’URSSAF ?
Vous déclarez votre chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel sur votre espace URSSAF auto-entrepreneur en distinguant les revenus par catégorie d’activité. Le formulaire de déclaration vous demande de ventiler entre : vente de marchandises, prestations de services BIC, activités libérales BNC. Chaque catégorie a son propre taux de cotisations sociales, appliqué au CA correspondant.
Pour finir
La règle du SIREN unique est souvent perçue comme une contrainte. En pratique, c’est rarement un problème réel : la majorité des micro-entrepreneurs qui veulent “deux micros” ont simplement besoin d’ajouter une activité secondaire à leur structure existante, ce qui est parfaitement faisable et gratuit.
Là où la question devient vraiment stratégique, c’est quand une des activités commence à peser lourd (en CA, en charges, en risques), ou quand vous voulez compartimenter pour des raisons fiscales ou patrimoniales. C’est à ce moment qu’une création de micro-entreprise bien structurée ou une SASU à côté change vraiment la donne. Et c’est précisément ce que j’aide à calibrer dans mon accompagnement chez Jurixa : pas de réponse générique, une analyse de votre situation réelle, des statuts ou une formalité qui correspond à ce que vous construisez vraiment.