Le capital minimum d’une SAS est de 1 euro. La loi n’impose aucun montant plancher pour constituer une société par actions simplifiée : depuis 2009, le seuil historique de 37 000 € qui s’appliquait aux sociétés anonymes a été supprimé pour la SAS. Vous fixez donc librement le montant dans les statuts, à partir de 1 € symbolique.
Dans mon accompagnement, je vois pourtant une confusion permanente entre ce que la loi autorise et ce qui sert votre projet. La semaine dernière encore, un créateur me disait vouloir partir à 1 € « pour ne pas immobiliser d’argent ». Six mois plus tard, sa banque refusait son crédit professionnel. Diplômée notaire et experte en création d’entreprise, je rédige les statuts de SAS depuis 15 ans, et le capital social est l’une des décisions les plus sous-estimées de la constitution.
Mon objectif ici : vous donner le vrai cadre légal du capital minimum SAS, puis les repères concrets pour choisir un montant qui tient la route face à votre banque, vos partenaires et vos futurs associés.
Ce que dit vraiment la loi sur le capital minimum d’une SAS
La SAS n’a pas de capital social minimum. C’est une réalité juridique solide, pas une tolérance.
Le mécanisme est un peu technique, alors je vous l’explique simplement. La société par actions simplifiée emprunte la plupart de ses règles à la société anonyme (SA), sauf certaines exceptions listées par la loi. Et justement, l’article qui imposait un capital minimum de 37 000 € à la SA fait partie des règles écartées pour la SAS. Résultat : aucun plancher. Le capital social, c’est-à-dire la somme apportée par les associés en échange d’actions, peut être fixé à 1 €.
Cette base légale figure à l’article L227-1 du Code de commerce, qui régit la constitution de la SAS et précise que les associés ne supportent les pertes qu’à concurrence de leur apport. Le site officiel entreprendre.service-public.gouv.fr confirme que le montant est librement déterminé par les associés, à partir de 1 €.
Concrètement, cela vaut aussi pour la SASU, qui n’est qu’une SAS à associé unique. Le capital minimum d’une création SASU suit exactement les mêmes règles : 1 € possible, montant libre.
Pourquoi 1 € et pas 37 000 € ? La SAS reprend le régime de la société anonyme, à l’exception de l’article qui fixait le capital minimum à 37 000 €. Cet article étant expressément écarté pour la SAS par l’article L227-1 du Code de commerce, aucun capital plancher ne s’applique. C’est la liberté statutaire poussée à son maximum.
Capital minimum SAS : la différence entre le légal et le crédible
Voilà le piège que je vois le plus souvent. Le créateur lit « 1 € suffit » et conclut qu’il faut mettre le strict minimum. Erreur.
Le capital social n’est pas qu’une formalité de constitution. C’est le premier signal financier que votre société envoie au monde extérieur. Il apparaît sur votre extrait Kbis, sur vos statuts, sur vos devis. Un banquier, un bailleur, un fournisseur qui demande un encours, un client grand compte qui vérifie votre solidité : tous regardent ce chiffre.
Une SAS au capital de 1 €, en clair, raconte que les associés n’ont rien mis dans le projet. Et quand vous demanderez un prêt professionnel, la banque appliquera une règle quasi systématique : elle attend un apport personnel d’environ 30 % du montant emprunté. Si votre capital est ridicule, vous ne tenez pas ce ratio. Soit le crédit est refusé, soit on vous réclame une caution personnelle bien plus lourde. Bpifrance Création le formule clairement : un capital trop faible peut bloquer l’accès au financement et nuire à la crédibilité bancaire.
Et puis il y a la question du fonctionnement réel. Avec 1 € de capital, votre société n’a aucune trésorerie de départ. La moindre dépense vous oblige à passer par un apport en compte courant d’associé, c’est-à-dire un prêt que vous faites à votre propre société. Ce n’est pas interdit, mais ça déséquilibre le bilan et ça fragilise l’image financière de la structure.
Quel montant de capital choisir pour votre SAS
Il n’existe pas de chiffre magique, mais des repères solides selon votre activité.
Dans mon accompagnement, je conseille rarement de descendre sous 1 000 € pour une SAS de prestation de services sans investissement. En dessous, le rapport bénéfice / image n’a pas de sens. Pour un projet qui va solliciter un crédit, je recommande de calibrer le capital sur votre plan de financement : additionnez le besoin réel de démarrage (matériel, stock, trésorerie des premiers mois) et visez un capital qui couvre une part crédible de ce besoin.
Voici les ordres de grandeur que j’utilise en rendez-vous.
Capital social minimum et capital recommandé par statut en 2026
| Statut | Capital minimum légal | Capital recommandé en pratique |
|---|---|---|
| SAS | 1 € | 1 000 à 10 000 € selon le projet |
| SASU | 1 € | 1 000 à 5 000 € |
| SARL / EURL | 1 € | 1 000 à 5 000 € |
| SCI | Libre (pas de minimum) | 1 000 à plusieurs milliers d’euros |
| SA | 37 000 € | 37 000 € (libéré pour moitié à la constitution) |
| Micro-entreprise | Aucun capital | Sans objet |
Un point que beaucoup ignorent : le capital n’est pas figé dans l’immédiat. Vous n’êtes pas obligé de verser la totalité dès le premier jour. Vous pouvez aussi opter pour un capital variable, qui permet d’augmenter ou de réduire le capital sans formalité lourde au greffe, dans une fourchette définie par les statuts.
Mon repère terrain : fixez un capital qui correspond à ce que vous êtes prêt à « perdre » dans le projet, et qui couvre au moins 3 à 6 mois de charges fixes. Un capital de 5 000 € libéré intégralement inspire bien plus confiance qu’un capital affiché de 50 000 € libéré à 10 %.
Comment composer et libérer le capital d’une SAS
Le capital d’une SAS se compose de deux types d’apports qui entrent dans le capital, plus un troisième qui n’y entre pas.
Les apports en numéraire sont les sommes d’argent versées par les associés. Les apports en nature sont des biens : matériel, véhicule, fonds de commerce, brevet, parfois un bien immobilier. Ces deux catégories forment le capital social et donnent droit à des actions. Il existe aussi l’apport en industrie, c’est-à-dire un savoir-faire ou un travail mis à disposition de la société : il donne droit à des actions spécifiques, inaliénables, mais il ne compte pas dans le capital social.
Pour les apports en numéraire, la loi prévoit une libération progressive. Libérer le capital signifie le verser effectivement sur le compte de la société. Au moment de la constitution, vous devez libérer au moins la moitié de la valeur des actions de numéraire. Le solde doit être versé dans un délai maximum de cinq ans à compter de l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés. Cette règle figure à l’article L225-3 du Code de commerce, applicable à la SAS via l’article L227-1.
Attention, les apports en nature suivent une règle différente : ils doivent être intégralement libérés dès la constitution. Pas de libération échelonnée pour un bien.
Et dès qu’il y a apport en nature, la question du commissaire aux apports se pose. Ce professionnel évalue la valeur du bien apporté pour éviter une surévaluation. Sa désignation est obligatoire, sauf si les associés décident à l’unanimité de s’en passer, à deux conditions cumulatives : aucun apport en nature ne dépasse 30 000 €, et la valeur totale des apports en nature ne représente pas plus de la moitié du capital. Ces seuils sont posés par l’article L227-1 du Code de commerce.
Le piège de la libération partielle. Si vous libérez seulement la moitié du capital à la constitution, votre société est juridiquement valable, mais elle ne pourra pas verser de dividendes tant que le capital n’est pas intégralement libéré. Et tant que le solde n’est pas versé, le taux d’intérêt déductible des comptes courants d’associés est limité. Je préfère souvent libérer la totalité d’un capital raisonnable plutôt qu’afficher un gros montant à moitié versé.
Pour la procédure complète de versement et de blocage des fonds, je détaille tout dans mon guide sur le dépôt de capital social.
Capital minimum SAS et accompagnement : ce que je fais pour vous
Le capital social est rédigé noir sur blanc dans les statuts, et c’est là que se jouent vos marges de manœuvre futures.
Une plateforme automatisée vous propose un formulaire : vous tapez un montant, elle génère des statuts type à 99 €. Le problème, c’est que personne n’analyse votre situation. Faut-il prévoir un capital variable ? Comment articuler apports en numéraire et apport en nature ? Comment structurer le capital si un associé entre dans deux ans ? Ces questions ne se posent pas dans un formulaire, elles se posent en rendez-vous.
Chez Jurixa, je rédige des statuts de SAS sur mesure, j’analyse votre projet de financement et je calibre le capital avec vous. La création SAS avec mon accompagnement démarre à partir de 500 €, auxquels s’ajoutent les frais légaux d’environ 200 € (annonce légale, immatriculation, déclaration des bénéficiaires effectifs). C’est le juste prix d’un service humain et expert pour un projet standard.
Pour comparer les ordres de grandeur du marché :
| Service | Plateforme automatisée | Jurixa | Expert-comptable / avocat |
|---|---|---|---|
| Création SAS | 99 à 199 € + frais (statuts type) | 500 € + frais (~200 €) statuts sur mesure | 1 200 à 3 000 € |
| Création SASU | 99 à 199 € + frais | 500 € + frais (~200 €) | 1 000 à 2 500 € |
Si vous hésitez encore entre constituer seul ou déléguer, contactez-moi directement : je prends le temps d’examiner votre projet avant de vous orienter. Et pour les entrepreneurs solo, la même logique s’applique à la création SASU, où le capital minimum SAS et les règles de libération sont identiques.
Questions fréquentes
Quel est le capital minimum pour créer une SAS en 2026 ?
Le capital minimum d’une SAS est de 1 €. La loi n’impose aucun montant plancher depuis la suppression du seuil de 37 000 € pour la société par actions simplifiée. Les associés fixent librement le montant dans les statuts. En pratique, je recommande un capital de 1 000 à 10 000 € selon le projet, pour préserver la crédibilité bancaire et la trésorerie de départ.
Peut-on vraiment créer une SAS avec 1 euro ?
Oui, c’est juridiquement possible et conforme au Code de commerce. Mais un capital de 1 € donne une image financière très faible à votre société. Les banques exigent généralement un apport personnel d’environ 30 % pour accorder un crédit professionnel, ce qu’un capital symbolique ne permet pas de démontrer. Le légal et le crédible ne se confondent pas.
Faut-il libérer la totalité du capital d’une SAS à la constitution ?
Non. Pour les apports en numéraire, vous devez libérer au moins la moitié de leur valeur à la constitution, le solde devant être versé dans les cinq ans suivant l’immatriculation. En revanche, les apports en nature doivent être intégralement libérés dès la constitution. Tant que le capital n’est pas entièrement libéré, la SAS ne peut pas distribuer de dividendes.
Le capital minimum d’une SASU est-il différent de celui d’une SAS ?
Non. La SASU est une SAS à associé unique : les règles de capital sont identiques. Capital minimum de 1 €, montant libre, libération de la moitié des apports en numéraire à la constitution et solde sous cinq ans. La seule différence tient au nombre d’associés, pas au régime du capital social.
Un commissaire aux apports est-il obligatoire en SAS ?
Il l’est en cas d’apport en nature, sauf si les associés décident à l’unanimité de s’en passer. Cette dispense suppose deux conditions cumulatives : aucun apport en nature ne dépasse 30 000 €, et la valeur totale des apports en nature ne représente pas plus de la moitié du capital. Au-delà de ces seuils, le commissaire aux apports devient obligatoire.
Le capital minimum SAS de 1 € est une liberté, pas une recommandation. Cette souplesse vous permet de calibrer le capital sur votre projet réel plutôt que sur un seuil arbitraire, à condition de ne pas confondre minimum légal et montant crédible. Un capital bien pensé, c’est un accès au crédit facilité, une image solide et une trésorerie qui ne vous met pas en difficulté dès le premier trimestre.
Si vous préparez votre SAS, le montant du capital fait partie des choix que je structure systématiquement avec mes clients, en cohérence avec leur plan de financement. C’est là que l’accompagnement humain fait la différence avec un formulaire en ligne.