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Expert-comptable pour créer son entreprise : utile ou non ?

Sandrine Chiorozas · · 11 min de lecture
Expert-comptable création entreprise

Non, l’expert-comptable n’est pas obligatoire pour créer votre entreprise. Aucun texte ne vous impose d’en prendre un, ni pour l’immatriculation, ni pour la tenue de votre comptabilité ensuite. La semaine dernière encore, un futur dirigeant de SASU me posait la question, persuadé qu’il devait signer un forfait mensuel avant même d’avoir déposé son capital. C’est faux, et ça lui aurait coûté plusieurs centaines d’euros pour rien à ce stade. Mon objectif aujourd’hui : vous dire honnêtement à quel moment l’expert-comptable devient vraiment utile, ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas, et ce dont vous avez besoin le jour où vous créez.

Je précise une chose tout de suite, parce qu’elle compte pour la suite. J’ai passé 15 ans comme responsable juridique en cabinet d’expertise comptable. Je connais ce métier de l’intérieur, je sais ce qu’un bon expert-comptable apporte, et je n’ai aucune intention de le minimiser. La création et la comptabilité sont deux moments différents, avec deux interlocuteurs souvent différents. C’est exactement ce que je veux clarifier ici.

Aucune obligation légale de prendre un expert-comptable

Commençons par le point qui rassure tout le monde. Que vous montiez une création SASU, une SARL ou une SCI, la loi ne vous oblige jamais à recourir à un expert-comptable. Vous pouvez parfaitement tenir votre comptabilité vous-même, ou la confier à un salarié si votre activité grossit.

Ce que dit la loi est plus précis qu’on ne le croit. La profession est encadrée par l’ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945, toujours en vigueur. Son article 2 réserve aux experts-comptables le droit de « tenir, centraliser, ouvrir, arrêter, surveiller, redresser et consolider les comptabilités des entreprises auxquelles il n’est pas lié par un contrat de travail ». Autrement dit, le monopole porte sur la tenue de comptabilité pour le compte d’autrui. Si vous déléguez votre compta à un prestataire extérieur, ce prestataire doit être inscrit à l’ordre. Mais rien ne vous empêche de la faire vous-même, ni de salarier un comptable en interne.

Le « monopole » de l’expert-comptable ne signifie pas que vous êtes obligé d’en prendre un. Il signifie que si vous confiez votre comptabilité à un tiers, ce tiers doit être un professionnel inscrit à l’ordre. Vous, dirigeant, restez libre de tenir vos comptes vous-même. Source : article 2 de l’ordonnance de 1945.

Le service public le confirme noir sur blanc : une entreprise n’est pas obligée d’engager un expert-comptable pour l’aider dans sa gestion. Vous pouvez le vérifier sur la fiche officielle entreprendre.service-public.gouv.fr.

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Obligation légale de prendre un expert-comptable pour créer
entreprendre.service-public.gouv.fr

Ce que fait réellement un expert-comptable

Le métier d’expert-comptable est large, et c’est là que naissent les confusions. Voici ses missions courantes, dans la vie d’une société.

  • La tenue de la comptabilité : enregistrement des factures, des achats, des ventes, lettrage des comptes bancaires.
  • L’établissement du bilan et du compte de résultat à la clôture de l’exercice (les comptes annuels).
  • La liasse fiscale : les déclarations destinées à l’administration, dont la déclaration de résultat à l’IS ou à l’IR.
  • La paie et les déclarations sociales si vous avez des salariés (bulletins, DSN).
  • Le conseil fiscal et de gestion : choix d’amortissement, arbitrage rémunération/dividendes, optimisation au fil de l’eau.

C’est un métier de la gestion courante. Il prend toute sa valeur une fois que l’entreprise tourne, encaisse, dépense et doit rendre des comptes au fisc. C’est un partenaire de durée, pas un prestataire de lancement.

Une bonne façon de trancher : l’expert-comptable s’occupe de ce qui se passe après la première facture. Tant que vous n’avez ni chiffre d’affaires, ni dépenses à enregistrer, son utilité reste limitée. Il devient précieux dès le premier exercice comptable.

À quel moment l’expert-comptable devient vraiment utile

Soyons clairs, je recommande très souvent un expert-comptable à mes clients. Mais au bon moment, et pour les bonnes raisons.

Après la création, pour une société à l’IS

Si vous lancez une société soumise à l’impôt sur les sociétés (SASU, SAS, EURL ou SARL à l’IS), la comptabilité devient un vrai sujet. Il faut un grand livre, un journal, un bilan, un compte de résultat, et déposer une liasse fiscale chaque année. Pour la plupart des dirigeants, sous-traiter cela à un expert-comptable est le choix le plus serein. C’est précisément pour ce moment-là, après l’immatriculation, qu’il faut le mobiliser.

Quand votre activité se complexifie

Dès que vous avez des salariés, de la TVA à gérer, des investissements à amortir ou plusieurs flux à suivre, l’accompagnement comptable se justifie pleinement. Dans les sociétés que j’accompagne, je conseille souvent de prévoir l’expert-comptable comme prochaine étape, une fois les statuts signés et la société immatriculée.

Quand vous voulez un prévisionnel chiffré pour la banque

Si vous cherchez un financement, un prévisionnel financier sérieux pèse lourd auprès d’un banquier. Un expert-comptable sait le construire. C’est l’un des rares cas où il intervient avant le lancement, sur la partie chiffrée du projet.

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Seuils de bilan, CA et effectif déclenchant un commissaire aux comptes (pas un expert-comptable)
entreprendre.service-public.gouv.fr

À ne pas confondre avec le commissaire aux comptes, qui lui peut devenir obligatoire au-delà de certains seuils (dépassement de deux des trois critères : 5 M€ de bilan, 10 M€ de chiffre d’affaires, 50 salariés). C’est une autre fonction, le contrôle, pas la tenue des comptes.

Ce dont vous avez besoin le jour où vous créez

Voilà le cœur du sujet, et c’est là que les rôles se séparent. Le jour de la création, votre besoin n’est pas comptable. Il est structurel.

Créer une société, c’est d’abord choisir une forme adaptée à votre situation, rédiger des statuts sur-mesure, et accomplir les formalités d’immatriculation auprès du guichet unique de l’INPI. C’est exactement mon métier chez Jurixa. Je structure le projet, je rédige les statuts en fonction de votre régime matrimonial, de vos associés, de votre éventuel projet immobilier, et je pilote l’immatriculation jusqu’au Kbis.

Ce travail de création d’entreprise demande des choix qui vous engagent pour des années : clause d’agrément, répartition du capital, modalités de cession, régime du dirigeant. Un modèle de statuts téléchargé ou généré automatiquement ne pose aucune de ces questions. Moi, si.

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Choix de la forme

On compare SASU, EURL, SARL ou SCI selon votre projet, votre fiscalité et votre situation personnelle.

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Rédaction des statuts

Je rédige des statuts adaptés, pas un modèle générique, en intégrant vos clauses spécifiques.

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Formalités d’immatriculation

Dépôt du dossier au guichet unique INPI, annonce légale, obtention du Kbis.

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Passage de relais

Une fois la société née, vous mobilisez un expert-comptable pour la gestion comptable courante.

Vous voyez la logique. La création et la comptabilité ne sont pas concurrentes, elles se suivent. Je m’occupe de faire naître votre société dans de bonnes conditions, l’expert-comptable s’occupe de la faire vivre comptablement.

Micro-entreprise : souvent pas besoin d’expert-comptable

Si vous partez en micro-entreprise, le sujet se simplifie beaucoup. Le régime micro a été pensé pour être géré seul. Pas de bilan, pas de liasse fiscale, pas de comptabilité d’engagement. Vous tenez un simple livre des recettes (et un registre des achats pour certaines activités), et vous déclarez votre chiffre d’affaires à l’URSSAF.

Pour une micro-entreprise, un expert-comptable est rarement nécessaire au démarrage. Beaucoup de micro-entrepreneurs gèrent très bien leurs obligations avec un tableur et un peu de méthode. C’est l’un des avantages du régime, et ce serait dommage de le payer plus cher qu’il ne le faut.

Attention quand même : la micro-entreprise convient à certains projets, pas à tous. Si vous prévoyez d’investir, de vous associer, de récupérer la TVA ou de monter en charges réelles, une société à l’IS peut être plus pertinente. Là, l’expert-comptable redevient utile. C’est une question à trancher avant de choisir votre statut, pas après.

Combien coûte un expert-comptable

Parlons chiffres, car c’est souvent ce qui inquiète. Le coût d’un expert-comptable varie selon le volume d’écritures, la forme de la société et l’étendue de la mission.

Tarifs indicatifs d'un expert-comptable en 2026

PrestationFourchette constatée
Forfait mensuel de tenue comptable50 à 200 € / mois
Établissement du bilan annuel1 000 à 2 000 €
Prévisionnel financier150 à 600 €
Services 100 % en ligneenviron 40 à 100 € / mois

Ces fourchettes restent indicatives, chaque cabinet fixe ses honoraires librement. Le forfait mensuel englobe en général la tenue, le bilan et la liasse fiscale sur l’année. Pour une petite société à l’IS sans salarié, on tourne souvent autour de 80 à 150 € par mois. Pour une activité avec paie et plusieurs flux, c’est davantage.

Ce coût n’a rien à voir avec celui de la création, qui est ponctuel. La création, c’est une dépense unique au lancement. La comptabilité, c’est un abonnement annuel récurrent. Bien les distinguer évite de surpayer.

Où se situe Jurixa par rapport aux autres options

Pour la création, vous avez schématiquement trois portes d’entrée. Je les compare honnêtement, car chacune a sa place selon le projet.

Créer son entreprise : qui fait quoi, à quel prix

OptionTarif créationCe que vous obtenez
Plateformes automatisées99 à 199 € + fraisStatuts générés, aucune adaptation à votre situation
Jurixa (mon accompagnement)à partir de 500 € + frais (~200 €)Statuts sur-mesure, analyse patrimoniale et fiscale, formalités pilotées
Expert-comptable ou avocat1 000 à 3 000 €Accompagnement complet, justifié pour montages complexes

Les plateformes automatisées sont peu chères, mais leur modèle repose sur un formulaire standard. Elles ne s’adaptent pas à votre régime matrimonial, à un associé minoritaire ou à un projet immobilier. À l’autre bout, un expert-comptable ou un avocat facturant 1 000 à 3 000 € la création est pleinement justifié pour un montage complexe (holding, plusieurs associés, opération sensible), mais surdimensionné pour la grande majorité des projets simples.

Ma position se trouve entre les deux. Des statuts vraiment rédigés pour vous, une analyse de votre situation personnelle et fiscale, un accompagnement humain, à partir de 500 € hors frais légaux (annonce légale autour de 190 €, greffe autour de 70 €). Et ensuite, je vous oriente vers un expert-comptable pour la suite. Chez Jurixa, je ne fais pas de comptabilité, et c’est volontaire : chacun son métier, fait correctement.

Contactez-moi directement : chez Jurixa, je prends le temps d’examiner votre projet avant de vous dire ce dont vous avez réellement besoin, y compris vous dire qu’une micro-entreprise sans expert-comptable suffit, si c’est le cas.

Comment bien choisir son expert-comptable

Une fois la société créée et le moment venu, voici ce que je conseille à mes clients pour choisir.

  • Vérifiez l’inscription à l’ordre sur le site du Conseil national de l’ordre des experts-comptables. C’est la garantie d’un professionnel habilité.
  • Demandez une lettre de mission claire, qui détaille les prestations incluses et le forfait. Pas de mauvaise surprise sur le bilan ou la paie.
  • Privilégiez quelqu’un qui connaît votre secteur et votre taille d’entreprise.
  • Comparez cabinet local et solution en ligne selon votre besoin de proximité et de conseil.

Un bon expert-comptable se choisit comme un partenaire de long terme. Prenez le temps, ce n’est pas une décision à boucler en même temps que la création.

Questions fréquentes sur l’expert-comptable et la création

L’expert-comptable est-il obligatoire pour créer une entreprise ?

Non. Aucun texte n’impose de recourir à un expert-comptable pour créer une entreprise ni pour tenir sa comptabilité. La seule règle est que si vous déléguez la tenue de vos comptes à un tiers, ce tiers doit être inscrit à l’ordre des experts-comptables (article 2 de l’ordonnance de 1945). Vous restez libre de tenir vos comptes vous-même.

Faut-il un expert-comptable pour une micro-entreprise ?

Rarement. Le régime micro est volontairement allégé : pas de bilan, pas de liasse fiscale, juste un livre des recettes et une déclaration de chiffre d’affaires à l’URSSAF. La plupart des micro-entrepreneurs gèrent seuls. Un expert-comptable peut aider si votre activité se complexifie, mais ce n’est pas nécessaire au démarrage.

Qui s’occupe des statuts et de l’immatriculation, si ce n’est l’expert-comptable ?

C’est un travail de structuration et de rédaction. Chez Jurixa, je rédige des statuts sur-mesure et je pilote les formalités d’immatriculation au guichet unique de l’INPI. L’expert-comptable peut le faire aussi, mais c’est rarement le cœur de son métier, qui est la gestion comptable. Les deux interventions se complètent : création d’abord, comptabilité ensuite.

Combien coûte un expert-comptable par mois ?

Le forfait mensuel se situe généralement entre 50 et 200 € selon le volume d’écritures et la forme de la société. Pour une petite société à l’IS sans salarié, comptez souvent 80 à 150 € par mois, bilan et liasse fiscale inclus dans l’année. Les solutions 100 % en ligne sont moins chères mais moins personnalisées.

Quand dois-je prendre un expert-comptable après ma création ?

Idéalement dès le premier exercice si vous êtes en société à l’IS, car vous aurez un bilan et une liasse fiscale à produire. Concrètement, beaucoup de dirigeants le contactent dans les premières semaines suivant l’immatriculation, une fois la société active. La création vient en premier, l’expert-comptable prend le relais ensuite.

Au fond, la vraie question n’est pas « expert-comptable ou pas », mais « quel professionnel à quel moment ». Pour faire naître votre société dans de bonnes conditions, avec des statuts qui correspondent vraiment à votre situation, c’est mon métier. Pour la faire vivre comptablement ensuite, ce sera celui d’un expert-comptable, et je serai la première à vous y orienter. Si vous voulez démarrer du bon pied, parlons de votre projet ensemble.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 20 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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