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Statuts juridiques

Clause d'agrément SCI : protéger votre patrimoine en 2026

Sandrine Chiorozas · · 14 min de lecture
JURIXA.FR
SCI · cession de parts
Clause d'agrément :
protéger votre SCI
Procédure, refus, fiscalité · les règles à maîtriser.
5 %
de droits d'enregistrement sur la cession de parts SCI immobilière, sans abattement
Art. 726, I, 2° CGI
6 mois
pour proposer un rachat après refus · sans offre, l'agrément est réputé acquis
Art. 1863 C.civ.
2
associés minimum pour constituer une SCI · l'agrément protège la composition du capital
Art. 1832 C.civ.
Les 3 règles que personne ne vous dit
⚖️
Sans clause statutaire, toute cession à un tiers exige l'unanimité de tous les associés
🕒
Refus sans offre de rachat dans les 6 mois : la cession passe automatiquement
💶
Droits d'enregistrement à 5 % du prix de cession, sans abattement
JURIXA
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Par défaut, toute cession de parts dans une SCI exige l’accord unanime de tous les associés. C’est ce que pose l’article 1861 du Code civil, sans équivoque ni exception. Les statuts peuvent moduler cette règle, l’assouplir ou déléguer le pouvoir d’agrément au gérant, mais ils ne peuvent pas la supprimer. Dans mon accompagnement des familles et entrepreneurs qui structurent une SCI, la clause d’agrément est systématiquement l’une des premières discussions que j’engage avec les associés fondateurs. La semaine dernière encore, un client m’appelait parce qu’un co-associé voulait céder ses parts à un tiers inconnu des autres. Sans clause bien rédigée dans les statuts, personne ne savait comment procéder. Ce guide vous explique le régime légal exact, la procédure étape par étape, les droits de chaque partie en cas de refus, et la fiscalité applicable en 2026.

Ce que vous saurez après cet article
  • Par défaut (art. 1861 C.civ.), toute cession de parts de SCI requiert l’accord unanime de tous les associés
  • Les statuts peuvent prévoir une majorité différente, déléguer la décision au gérant seul, ou dispenser certaines cessions d’agrément
  • Si l’agrément est refusé, les associés ont 6 mois pour faire une offre de rachat, faute de quoi l’agrément est réputé acquis automatiquement (art. 1863)
  • La cession de parts dans une SCI à prépondérance immobilière est frappée de droits d’enregistrement à 5 % (art. 726 CGI)
  • La rédaction de cette clause est un point stratégique à soigner dès la création SCI

Ce que dit vraiment l’article 1861 du Code civil

Beaucoup de guides résument l’article 1861 en disant que les parts de SCI ne circulent pas librement. C’est exact, mais la formule exacte du texte est plus riche et mérite d’être citée intégralement.

Article 1861 du Code civil (Légifrance) : « Les parts sociales ne peuvent être cédées qu’avec l’agrément de tous les associés. Les statuts peuvent toutefois convenir que cet agrément sera obtenu à une majorité qu’ils déterminent, ou qu’il peut être accordé par les gérants. Ils peuvent aussi dispenser d’agrément les cessions consenties à des associés ou au conjoint de l’un d’eux. Sauf dispositions contraires des statuts, ne sont pas soumises à agrément les cessions consenties à des ascendants ou descendants du cédant. »

Trois niveaux se superposent dans ce texte.

Le principe légal : unanimité de tous les associés. Chacun doit dire oui. Un seul opposant suffit à bloquer la cession vers un tiers.

Les aménagements que les statuts peuvent prévoir : une majorité différente (les trois quarts des voix, les deux tiers), une délégation au gérant seul pour accorder l’agrément, ou des dispenses expresses pour certaines catégories de cessionnaires.

Le régime supplétif pour la famille : si les statuts ne disent rien, les cessions aux ascendants et descendants du cédant sont libres d’agrément par défaut. Mais les statuts peuvent exiger un agrément même pour ces transmissions familiales, en prévoyant une clause contraire.

Un point technique que peu de guides mentionnent : quand les statuts confèrent au gérant seul le pouvoir d’accorder l’agrément, la procédure de notification change. Le projet de cession n’est alors notifié qu’à la société, et non à chaque associé individuellement. Pour tout ce qui touche aux prérogatives du gérant dans la SCI, notre guide sur les pouvoirs du gérant de SCI détaille les équilibres à trouver.

Dispenses d’agrément : ce que la loi prévoit par défaut

Mes clients confondent souvent dispenses légales et dispenses statutaires. La distinction change beaucoup de choses en pratique.

Dispense légale suppléive (applicable si les statuts sont muets) : Les cessions aux ascendants ou descendants directs du cédant sont libres d’agrément. Un père peut céder ses parts à sa fille sans consulter les autres associés, sauf si les statuts en disposent autrement.

Dispenses que les statuts peuvent ajouter : L’article 1861 permet aussi aux statuts de dispenser d’agrément les cessions entre associés existants, et les cessions au conjoint d’un associé. Ce sont des options facultatives, pas des règles d’office.

Mais la nuance la plus importante concerne les cessions entre époux co-associés. L’article 1861 précise : lorsque deux époux sont simultanément membres d’une SCI, les cessions entre eux doivent, pour être valables, résulter d’un acte notarié ou d’un acte sous seing privé ayant acquis date certaine autrement que par le décès du cédant.

Cession de parts entre époux co-associés : même si les statuts dispensent d’agrément, la forme de l’acte reste contrainte. Un simple document sans date certaine ne suffit pas à valider la cession. Un acte notarié ou un acte sous seing privé à date certaine (enregistrement fiscal, par exemple) est impératif.

Les statuts peuvent aussi aller dans l’autre sens et rendre obligatoire l’agrément même pour les cessions aux ascendants et descendants. Pour une SCI familiale où les associés veulent un contrôle total sur la composition du capital, y compris entre membres de la famille, cette option existe. Pour comprendre comment écrire ces clauses précisément, notre guide sur la rédaction des statuts de SCI explore les formulations à adopter.

La procédure d’agrément, étape par étape

Concrètement, comment ça se passe quand un associé souhaite céder ses parts à un tiers ?

Étape 1 : notification du projet de cession

Le cédant notifie son projet à la société ET à chacun des associés. Cette notification doit mentionner l’identité du cessionnaire pressenti, le nombre de parts à céder, et le prix proposé. En pratique, elle se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d’huissier pour sécuriser la date de départ des délais.

Si les statuts prévoient que le gérant seul peut accorder l’agrément, la notification est adressée uniquement à la société.

Étape 2 : délibération ou décision

Les associés délibèrent selon les modalités prévues par les statuts (assemblée générale, consultation écrite). La majorité requise dépend de ce que les statuts ont prévu. Si les statuts sont muets, la règle légale de l’unanimité s’applique.

Étape 3 : le délai de 6 mois et ses conséquences

C’est le point le plus souvent mal expliqué. L’article 1863 du Code civil (Légifrance) pose une règle précise : si aucune offre d’achat n’est faite au cédant dans un délai de 6 mois à compter de la dernière des notifications prévues à l’article 1861, l’agrément est réputé acquis automatiquement.

6 mois
Délai légal pour proposer un rachat en cas de refus. Sans offre dans ce délai, l'agrément est réputé accordé de plein droit
Art. 1863 C.civ.

Autrement dit : si les associés refusent mais ne proposent aucun rachat dans les 6 mois, le cédant peut vendre librement. La seule échappatoire pour les associés qui s’opposent à la cession est de voter, dans ce même délai de 6 mois, la dissolution anticipée de la société. Et même dans ce cas, le cédant peut rendre cette décision caduque en renonçant à la cession dans le mois qui suit la décision de dissolution.

Ce mécanisme protège le cédant contre un blocage indéfini. Mais il impose aux associés de se décider rapidement s’ils veulent empêcher l’entrée d’un tiers indésirable.

Si l’agrément est refusé : le droit de rachat

Un refus d’agrément ne peut pas simplement laisser l’associé bloqué avec des parts invendables. L’article 1862 du Code civil (Légifrance) organise la sortie.

L’ordre d’intervention pour le rachat :

Plusieurs associés peuvent vouloir acquérir les parts. Dans ce cas, sauf clause contraire dans les statuts, ils sont réputés acquéreurs à proportion du nombre de parts qu’ils détenaient avant la cession. Si aucun associé ne se porte acquéreur, deux solutions existent : soit la société fait désigner un tiers acquéreur à l’unanimité des autres associés (ou selon les modalités prévues par les statuts), soit la société procède elle-même au rachat des parts en vue de leur annulation, ce qui se traduit par une réduction de capital.

Le nom du ou des acquéreurs proposés, ainsi que le prix offert, sont notifiés au cédant.

Quand le prix est contesté :

Si le cédant estime que le prix proposé est insuffisant, il peut le contester. Le prix est alors fixé conformément aux dispositions de l’article 1843-4 du Code civil, c’est-à-dire par un expert désigné, à défaut d’accord entre les parties, par le président du tribunal judiciaire (ou du tribunal de commerce) statuant selon la procédure accélérée au fond. Dans tous les cas, le cédant conserve le droit de garder ses parts si le prix finalement déterminé ne lui convient pas.

Anticiper la méthode de valorisation dans les statuts : pour réduire le risque de litige sur le prix des parts lors d’un refus d’agrément, il est possible d’inscrire dans les statuts une méthode de valorisation prédéfinie (multiple de la valeur nette comptable, valeur de marché des actifs immobiliers, expertise annuelle). Cette précaution réduit considérablement les frictions lors d’une sortie contrainte. Dans mon accompagnement, je recommande systématiquement cette clause complémentaire. Notre guide sur la valeur des parts de SCI familiale présente les méthodes d’évaluation les plus utilisées.

Pour les SCI qui ont des financements en cours, un refus d’agrément peut générer des complications supplémentaires avec les banques si la structure capitalistique change. Notre article sur le rachat de parts de SCI avec prêt bancaire détaille les points à anticiper.

Rédiger la clause d’agrément dans les statuts

C’est là que tout se joue. La loi fixe un cadre supplétif, mais les statuts peuvent le transformer en profondeur. Le tableau ci-dessous récapitule les options.

Options de rédaction de la clause d'agrément dans les statuts SCI

ConfigurationRègle applicableAvantageRisque
Silence des statutsUnanimité de tous les associés (règle légale)Protection maximale contre l’entrée d’un tiersBlocage si un associé est injoignable ou décède
Majorité statutaireEx. : 2/3 ou 3/4 des partsDécision possible malgré un opposant minoritaireLe minoritaire peut être contraint de sortir
Gérant seulDécision rapide sans convocation des associésEfficacité opérationnelle, délais réduitsConcentration du pouvoir sur une seule personne
Dispense entre associésCessions entre associés existants libres d’agrémentFluidité des transferts internesRisque d’entrée indirecte via les ayants-droit d’un associé
Agrément exigé même pour la familleUnanimité requise pour ascendants/descendantsContrôle total sur la composition du capitalRigidité pouvant freiner des transmissions successorales

Ce que je recommande généralement pour une SCI familiale :

Une majorité forte (les 3/4 des voix) pour toute cession à un tiers, avec maintien d’une dispense pour les cessions entre associés existants. Pour les ascendants et descendants, une exigence d’agrément à majorité simple (pas unanimité) permet de faciliter les transmissions progressives sans ouvrir la porte à n’importe qui.

Ce que je déconseille systématiquement :

Laisser les statuts muets sur la procédure de notification, les délais de réponse internes à la société, et les conditions de valorisation en cas de refus. Ce sont précisément ces vides qui génèrent des conflits coûteux entre associés.

La clause d’agrément en SCI est structurellement différente de ce qu’on trouve dans une SAS, notamment parce que les parts de SCI ne sont pas des actions et que le régime légal supplétif est plus contraignant. Si vous gérez plusieurs structures, notre comparatif sur la clause d’agrément en SAS met en lumière les différences essentielles.

Pour tout ce qu’il est possible de prévoir dans les statuts d’une SCI, notre guide sur la SCI familiale et la protection du patrimoine couvre les principales clauses à anticiper.

La forme de la cession : ce qu’impose l’article 1865

L’agrément obtenu, la cession doit encore respecter des formalités de forme précises.

L’article 1865 du Code civil (Légifrance) pose trois exigences cumulatives :

1. Écrit obligatoire. La cession de parts doit être constatée par un acte écrit. Ce n’est pas nécessairement un acte notarié (sauf entre époux co-associés, on l’a vu), mais le document doit exister et être daté.

2. Opposabilité à la société. La cession devient opposable à la société soit par signification (acte d’huissier ou acceptation dans un acte authentique, selon les formes de l’article 1690 du Code civil), soit par transfert sur les registres internes de la société si les statuts le prévoient. Cette seconde option, plus simple, est fréquemment utilisée : les statuts prévoient un registre des mouvements de parts, et le transfert inscrit sur ce registre vaut notification à la société.

3. Opposabilité aux tiers. La cession n’est opposable aux tiers qu’après l’accomplissement de ces formalités ET après publication au Registre national des entreprises (RNE). Ce dépôt peut être effectué par voie électronique.

Tant que ces formalités ne sont pas accomplies, la cession reste valable entre les parties mais sans effet à l’égard des créanciers ou des tiers.

Fiscalité de la cession de parts de SCI

C’est souvent le volet le moins traité dans les guides disponibles, alors que c’est un paramètre décisif pour le cédant et l’acquéreur.

Les droits d’enregistrement : 5 % pour la prépondérance immobilière

L’article 726 du Code général des impôts (Légifrance) distingue plusieurs taux selon la nature des droits sociaux. Pour les cessions de participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière, le taux applicable est de 5 %. Pour une présentation complète des étapes, de la valorisation et de la fiscalité applicable, notre guide sur la cession de parts de SCI détaille chaque aspect de l’opération.

5 %
Taux des droits d'enregistrement sur cession de parts d'une SCI à prépondérance immobilière, calculé sur le prix de cession sans abattement
Art. 726, I, 2° CGI

Une SCI dont l’actif est principalement constitué d’immeubles ou de droits immobiliers est, par définition, une société à prépondérance immobilière. Ce qui couvre la quasi-totalité des SCI classiques : SCI familiale, SCI locative, SCI d’investissement. Les droits sont calculés sur le prix stipulé dans l’acte (ou sur la valeur vénale réelle si elle est supérieure), sans abattement, à la charge de l’acquéreur sauf convention contraire.

Exemple concret : cession de parts valorisées à 200 000 euros dans une SCI locative familiale = 10 000 euros de droits d’enregistrement.

Pour comparaison, les parts sociales de sociétés ordinaires (SARL, par exemple) sans prépondérance immobilière sont taxées à 3 % avec un abattement de 23 000 euros divisé par le nombre total de parts. Le taux de 5 % sans abattement de la SCI immobilière est donc nettement plus lourd.

La plus-value pour le vendeur :

Le régime fiscal de la plus-value réalisée par le cédant dépend du régime fiscal de la SCI.

Pour une SCI soumise à l’impôt sur le revenu (IR), le cédant personne physique est imposé selon le régime des plus-values immobilières des particuliers, avec un abattement progressif pour durée de détention. Au bout de 22 ans de détention, l’impôt sur le revenu disparaît. Au bout de 30 ans, les prélèvements sociaux aussi.

Pour une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), la plus-value suit le régime des plus-values professionnelles à l’IS, sans abattement pour durée de détention.

Ce choix IR/IS est structurant non seulement pour la gestion courante, mais aussi pour la fiscalité de sortie. Si vous démarrez une SCI et que la question d’une cession future est dans votre horizon, c’est un paramètre à anticiper dès la création SCI.

SCI familiale et clause d’agrément : le cas d’usage principal

Dans une SCI familiale, la clause d’agrément remplit une fonction que peu de documents expliquent clairement : elle protège la cohésion entre associés contre les entrées non désirées, qu’elles viennent de tiers ou d’ayants-droit futurs.

Prenez une SCI entre frères et soeurs propriétaires d’un immeuble. Si l’un d’eux divorce, son ex-conjoint pourrait prétendre à une partie des parts dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial. Une clause d’agrément bien rédigée, exigeant l’accord des autres associés avant toute transmission, permet de bloquer ce scénario ou au moins de l’encadrer.

Même logique pour les successions. Si un associé décède, ses héritiers entrent dans la SCI, sauf clause contraire dans les statuts. Avec une clause d’agrément adaptée, les statuts peuvent prévoir que les héritiers non agréés reçoivent la valeur des parts en numéraire plutôt que les parts elles-mêmes. Ce mécanisme préserve la composition du capital familial sur plusieurs générations.

2
Nombre minimum d'associés pour constituer une SCI (art. 1832 C.civ.) : la SCI unipersonnelle n'existe pas, ce qui rend les règles d'agrément d'autant plus importantes
Art. 1832 C.civ.

Pour des situations impliquant le démembrement de propriété (usufruit et nue-propriété), la clause d’agrément interagit directement avec la répartition des droits de vote entre usufruitiers et nus-propriétaires. Notre guide sur le démembrement en SCI : usufruit et nue-propriété explore ces articulations en détail.

Clause dans les statuts ou pacte d’associés ? Les deux ne s’excluent pas. La clause d’agrément figure dans les statuts parce qu’elle doit être opposable aux tiers et s’imposer à tout futur associé. Le pacte d’associés, document complémentaire et confidentiel, peut prévoir des mécanismes supplémentaires entre les associés actuels : droit de préemption, règles d’évaluation plus détaillées, ou engagement de non-cession pendant une durée déterminée. Pour une SCI familiale patrimoniale, la combinaison des deux est souvent la solution la plus robuste.

Avant de créer votre SCI, notre guide qu’est-ce qu’une SCI pose les bases du fonctionnement de la structure, incluant les droits et obligations des associés.

Comparatif des solutions d’accompagnement

Vous pouvez créer votre SCI et rédiger la clause d’agrément de plusieurs façons, avec des niveaux de personnalisation très différents.

SolutionCe que vous obtenezTarif approximatif
Plateformes automatisées (LegalTech)Clause standard préremplie, aucune adaptation à votre situation réelle ni aux rapports entre associés99 € à 399 €
JurixaClause sur-mesure selon votre configuration (nombre d’associés, liens familiaux, horizon de cession), statuts complets rédigés avec mon accompagnementÀ partir de 500 € + frais ~200 €
Notaire ou cabinet spécialiséPrestation complète avec conseil patrimonial approfondi, parfois conseillé pour les montages complexes1 000 € à 3 000 €

La clause d’agrément n’est pas un texte standard. Elle doit refléter votre situation concrète : combien d’associés, quels liens entre eux, quel horizon de transmission envisagé. Une clause inadaptée peut bloquer une succession ou, à l’inverse, laisser entrer un tiers que personne n’avait imaginé. C’est pour ça que je ne rédige jamais deux SCI de la même façon.

Questions fréquentes

Un associé peut-il céder ses parts sans agrément si les statuts sont muets ?

Non. Si les statuts ne prévoient rien, c’est l’article 1861 du Code civil qui s’applique dans sa version par défaut : unanimité de tous les associés pour toute cession à un tiers. La seule dispense légale automatique concerne les cessions aux ascendants et descendants directs du cédant.

Que se passe-t-il si un associé cède ses parts sans demander l’agrément ?

La cession réalisée sans respecter la procédure d’agrément est nulle. Elle peut également engager la responsabilité du cédant vis-à-vis des autres associés. Le cessionnaire de bonne foi n’acquiert aucun droit opposable à la société tant que la cession n’a pas respecté les formalités de l’article 1865.

Les statuts peuvent-ils confier l’agrément au gérant seul ?

Oui, c’est une option expressément prévue par l’article 1861. Pratique dans les SCI avec un gérant très impliqué et beaucoup d’associés passifs. Mais ça concentre un pouvoir considérable sur une seule personne. Si vous optez pour cette configuration, je recommande de la combiner avec des dispositions encadrant strictement les autres pouvoirs du gérant. Notre guide sur les pouvoirs du gérant de SCI détaille ces équilibres.

Combien de droits d’enregistrement faut-il payer pour céder des parts de SCI ?

Pour une SCI classique dont l’actif est principalement immobilier (prépondérance immobilière), le taux est de 5 % du prix de cession, sans abattement, en vertu de l’article 726, I, 2° du CGI. Ces droits sont en principe à la charge de l’acquéreur, sauf stipulation contraire dans l’acte de cession.

Peut-on modifier la clause d’agrément après la création de la SCI ?

Oui. Une modification des statuts est toujours possible, sous réserve de respecter les conditions de majorité prévues dans les statuts existants (souvent unanimité ou majorité qualifiée des associés). La modification doit être déposée au greffe et publiée. C’est faisable, mais ça mobilise tous les associés et génère des frais de formalités. Mieux vaut bien rédiger dès la création.

Pour finir

La clause d’agrément n’est pas une formalité administrative parmi d’autres. C’est le mécanisme qui définit qui peut entrer dans votre SCI, dans quelles conditions, et ce qu’il se passe quand un associé veut sortir. Mal rédigée ou absente, elle laisse la porte ouverte à des situations que personne n’avait anticipées : un héritier inconnu, un ex-conjoint, un créancier opportuniste. Bien rédigée, elle protège la cohésion entre associés sur le long terme.

Dans mon accompagnement à la création de SCI, je prends systématiquement le temps de discuter de la clause d’agrément avec mes clients avant même d’écrire le premier article des statuts. Je structure la clause selon la composition réelle du groupe d’associés et les objectifs patrimoniaux de chacun. Parce que la composition de l’actionnariat dans 10 ou 20 ans se prépare aujourd’hui.

Si vous souhaitez créer votre SCI avec des statuts adaptés à votre situation, je vous accompagne de A à Z : rédaction de la clause d’agrément sur-mesure, choix du régime fiscal, coordination de toutes les formalités d’immatriculation.


Sources officielles consultées : Art. 1861 C.civ., Art. 1862 C.civ., Art. 1863 C.civ., Art. 1865 C.civ., Art. 726 CGI

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Experte en création d’entreprise — 15 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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