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Statuts juridiques

Statuts SAS : mentions obligatoires et clauses (2026)

Sandrine Chiorozas · · 11 min de lecture
statuts sas

Les statuts d’une SAS doivent obligatoirement mentionner six éléments fixés par la loi : la forme, la durée (99 ans maximum), la dénomination sociale, le siège social, l’objet social et le montant du capital. À cette base s’ajoutent les règles de direction et de prise de décision collective, que vous rédigez librement. C’est précisément cette liberté qui fait toute la valeur, et tout le danger, des statuts de société par actions simplifiée.

Dans mon accompagnement, je vois passer beaucoup de statuts récupérés sur un site gratuit ou copiés sur ceux d’un ami entrepreneur. Le résultat est presque toujours le même : un document qui passe au greffe le jour de l’immatriculation, mais qui se révèle inadapté deux ou trois ans plus tard, quand un associé veut sortir ou qu’un désaccord apparaît sur la nomination du président. Mon objectif ici : vous montrer ce que vos statuts SAS doivent contenir, mention par mention et clause par clause, pour qu’ils vous protègent vraiment.

Pourquoi les statuts de SAS sont un document à part

La société par actions simplifiée repose sur un principe simple : la liberté contractuelle. L’article L227-5 du Code de commerce dit en une phrase que « les statuts fixent les conditions dans lesquelles la société est dirigée ». Autrement dit, la loi vous laisse organiser le fonctionnement de votre société presque comme vous le souhaitez.

C’est un atout réel pour structurer une entreprise à plusieurs associés. Mais c’est aussi une responsabilité. Là où une SARL est largement encadrée par des règles légales qui s’appliquent automatiquement, la SAS vous laisse face à une page blanche. Ce que vous n’écrivez pas dans les statuts n’existe pas. Et ce que vous écrivez mal vous engage pour toute la durée de vie de la société.

Concrètement, vos statuts SAS remplissent trois fonctions. Ils constituent la société, c’est la condition de l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS). Ils organisent le pouvoir, qui dirige, qui décide quoi, à quelle majorité. Et ils encadrent l’actionnariat, qui peut entrer, qui peut sortir, à quelles conditions. Un bon statut couvre ces trois dimensions. Un mauvais se contente du minimum légal.

99 ans
Durée maximale d'une SAS fixée par les statuts
Article L210-2 du Code de commerce

Les mentions obligatoires des statuts SAS

Six mentions sont imposées par l’article L210-2 du Code de commerce pour toute société commerciale, donc pour la SAS. Sans elles, le greffe refuse l’immatriculation.

La forme juridique. Vous écrivez noir sur blanc « société par actions simplifiée ». Si elle ne compte qu’un seul associé, on parle de SASU et le terme « associé unique » apparaît, comme le précise l’article L227-1 du Code de commerce.

La dénomination sociale. Le nom de votre société. Vérifiez sa disponibilité sur la base de l’INPI avant de la figer dans les statuts, sinon vous risquez une opposition pour antériorité de marque.

La durée. Quatre-vingt-dix-neuf ans maximum. C’est la durée que je conseille systématiquement, par défaut, car la prolonger plus tard implique une formalité et un coût inutiles.

Le siège social. L’adresse administrative de la société. Domicile du président, local commercial, société de domiciliation : chaque option a ses conséquences fiscales et pratiques, j’y reviens souvent avec mes clients.

L’objet social. La description des activités que la société pourra exercer. Trop étroit, il vous bloque dès que votre activité évolue. Trop large, il alerte parfois les assurances ou les banques. Le bon objet est précis sur le cœur de métier et ouvert sur les activités connexes.

Le montant du capital social. Aucun minimum légal pour une SAS : vous pouvez démarrer à 1 euro. En pratique, je déconseille fortement un capital symbolique, qui nuit à la crédibilité bancaire et limite votre marge de manœuvre dès le premier besoin de trésorerie.

Apports en nature et commissaire aux apports. Si un associé apporte un bien (matériel, fonds de commerce, véhicule), les statuts doivent décrire cet apport en nature. Un commissaire aux apports évalue le bien, sauf dispense votée à l’unanimité quand aucun apport n’excède le seuil réglementaire et que l’ensemble ne dépasse pas la moitié du capital (article L227-1 du Code de commerce). Attention : sans commissaire, les associés restent solidairement responsables de la valeur retenue pendant cinq ans.

Les clauses de fonctionnement à rédiger soi-même

Au-delà des six mentions imposées, vos statuts doivent organiser le fonctionnement réel de la société. C’est ici que la liberté de la SAS devient un vrai sujet de rédaction.

La désignation et les pouvoirs du président

Toute SAS a obligatoirement un président, personne physique ou personne morale. Les statuts fixent comment il est nommé, pour quelle durée, comment il est révoqué et quelle est l’étendue de ses pouvoirs. La question de la révocation est celle que je vois le plus négligée. Révocation libre ou pour juste motif ? Avec ou sans indemnité ? Une clause floue ouvre la porte à un contentieux le jour où les associés veulent changer de dirigeant.

Vous pouvez aussi prévoir d’autres organes de direction : un directeur général, des directeurs généraux délégués, un comité de surveillance. La SAS vous laisse construire la gouvernance que votre projet mérite, du dirigeant unique à l’organe collégial.

Les décisions collectives des associés

L’article L227-9 du Code de commerce impose que certaines décisions soient prises collectivement : augmentation ou réduction de capital, fusion, scission, dissolution, transformation, nomination du commissaire aux comptes, approbation des comptes annuels et affectation du résultat. Pour ces sujets, les statuts définissent les formes et les conditions de majorité.

Sur tout le reste, vous êtes libre. Quelles décisions soumettre au vote collectif ? À quelle majorité, simple, qualifiée ou unanimité ? Avec quel quorum ? Ces choix déterminent l’équilibre de pouvoir entre majoritaires et minoritaires pour toute la vie de la société.

L’erreur classique : tout caler à la majorité simple. J’ai accompagné un client dont les statuts prévoyaient toutes les décisions à 50 % plus une voix. Son associé à 51 % pouvait donc tout décider seul, y compris une augmentation de capital qui diluait le minoritaire. Une fois les statuts signés, impossible de revenir en arrière sans l’accord du majoritaire. Les seuils de majorité se réfléchissent avant la signature, pas après.

Les clauses qui protègent les associés

C’est le cœur de mon travail quand je rédige des statuts pour une SAS à plusieurs associés. Ces clauses ne sont pas obligatoires, mais elles font la différence entre des statuts qui dorment dans un classeur et des statuts qui vous sauvent le jour d’un conflit.

La clause d’agrément

Elle soumet toute cession d’actions à l’accord préalable de la société, comme le permet l’article L227-14 du Code de commerce. Sans elle, un associé peut vendre ses actions à n’importe qui, y compris à un concurrent ou à quelqu’un avec qui vous n’auriez jamais voulu travailler. La clause d’agrément vous donne le contrôle sur l’entrée de nouveaux actionnaires. Je la recommande dans quasiment toutes les SAS de plus d’un associé. Pour aller plus loin, j’ai détaillé son fonctionnement dans mon guide sur la clause d’agrément SAS.

La clause d’inaliénabilité

Elle interdit la cession des actions pendant une durée déterminée, dans la limite de dix ans fixée par l’article L227-13 du Code de commerce. En clair, elle empêche un associé de quitter le navire trop vite. Très utile entre cofondateurs : elle garantit que chacun reste engagé sur les premières années, là où l’entreprise est la plus fragile.

La clause d’exclusion

Plus rare mais redoutablement efficace, elle permet de contraindre un associé à céder ses actions dans les conditions prévues par les statuts, sur le fondement de l’article L227-16 du Code de commerce. Concrètement, elle organise la sortie forcée d’un associé qui ne respecte plus ses engagements ou qui bloque la société. Elle doit être rédigée avec une grande précision, car elle touche au droit de propriété de l’associé.

À côté de ces trois clauses, on trouve aussi la clause de préemption (un droit prioritaire de rachat pour les associés en place) et la clause de sortie conjointe. Le bon dosage dépend de votre situation : nombre d’associés, présence d’un investisseur, projet de revente à terme.

Quelles clauses pour quelle SAS ?

ClauseRôlePour qui
AgrémentContrôler l’entrée de nouveaux associésToute SAS à plusieurs associés
InaliénabilitéBloquer la sortie pendant 10 ans maxCofondateurs, startups
ExclusionForcer la sortie d’un associéSAS avec risque de conflit fort
PréemptionRachat prioritaire par les associésSAS familiales, holdings

Combien coûte la rédaction de statuts SAS

Voici la réalité du marché en 2026, sans langue de bois.

Combien coûte la rédaction de statuts SAS en 2026 ?

SolutionTarifCe que vous obtenez
Modèle gratuit / plateforme automatisée0 à 199 €Statuts générés à partir d’un modèle type, sans adaptation à votre situation
Jurixaà partir de 500 € + frais légaux (~200 €)Statuts sur-mesure rédigés par une diplômée notaire
Expert-comptable / notaire / avocat1 200 à 3 000 €Rédaction sur-mesure, souvent surdimensionnée pour un projet standard

Une plateforme automatisée génère vos statuts à partir d’un modèle type pour quelques dizaines d’euros. Le problème n’est pas le prix, c’est l’absence d’adaptation. Le formulaire ne vous demande pas si vous prévoyez un investisseur, si vous voulez verrouiller la sortie d’un cofondateur, ou si la SAS s’inscrit dans un montage avec une holding. Résultat : des statuts génériques qui ignorent vos vrais enjeux.

À l’autre bout, un professionnel du chiffre ou du droit facture entre 1 200 et 3 000 euros. C’est justifié pour des montages complexes, mais c’est du surdimensionnement pour 90 % des projets de création SAS.

Chez Jurixa, je rédige des statuts sur-mesure, pas un modèle généré automatiquement. J’analyse votre situation, le nombre d’associés, vos objectifs, et je rédige les clauses qui vous correspondent, pour 500 euros. C’est le juste prix d’un service humain et expert pour un projet standard.

1 mois
Délai d'enregistrement des statuts auprès des impôts en cas d'apport immobilier ou de fonds de commerce
service-public.gouv.fr

Enregistrement et dépôt des statuts

Une fois les statuts signés et datés par tous les associés, deux étapes peuvent suivre.

L’enregistrement auprès du service des impôts des entreprises (SIE) n’est obligatoire que dans certains cas : si les statuts contiennent un apport immobilier, un apport de fonds de commerce, une cession d’actions à un tiers, ou s’ils ont été rédigés par un notaire ou un commissaire de justice. Dans ces situations, l’enregistrement doit intervenir dans le mois suivant la date des statuts, selon service-public.gouv.fr. Pour une création classique par apports en numéraire, cette formalité n’est pas requise.

Le dépôt du dossier d’immatriculation se fait ensuite sur le guichet unique de l’INPI, accompagné des statuts, de l’attestation de dépôt des fonds, de l’attestation de parution de l’annonce légale et des pièces d’identité des dirigeants. C’est ce dossier qui déclenche l’inscription au RCS et l’obtention du K-bis.

Chez Jurixa, je prends en charge l’intégralité de cette procédure : rédaction des statuts, dépôt du capital, annonce légale, dossier sur le guichet unique. Vous n’avez pas à apprendre la mécanique administrative, je m’en occupe. Si vous préférez en discuter avant de vous lancer, contactez-moi directement.

Questions fréquentes

Peut-on modifier les statuts d’une SAS après l’immatriculation ?

Oui, mais cela suppose une décision collective des associés dans les conditions prévues par vos propres statuts, puis une formalité de modification statutaire (mise à jour, parfois annonce légale et dépôt au guichet unique). C’est précisément pour éviter ces modifications à répétition, et leur coût, qu’il vaut mieux des statuts bien rédigés dès le départ.

Les statuts d’une SAS doivent-ils être signés devant notaire ?

Non, ce n’est pas obligatoire. Les statuts d’une SAS peuvent être rédigés sous seing privé, c’est-à-dire signés directement par les associés sans intervention d’un officier public. L’acte notarié devient nécessaire uniquement quand un apport immobilier est intégré au capital, car la cession de l’immeuble exige la forme notariée.

Quelle différence entre les statuts d’une SAS et ceux d’une SASU ?

Le cadre est identique : la SASU est une SAS à associé unique. Les mentions obligatoires sont les mêmes. La différence tient aux décisions collectives, qui n’ont pas de sens à une seule personne : l’associé unique exerce seul les pouvoirs des associés, et ses décisions sont consignées dans un registre, comme le prévoit l’article L227-9 du Code de commerce.

Un modèle de statuts gratuit suffit-il pour une SAS ?

Pour une SASU très simple, sans associé et sans enjeu patrimonial, un modèle peut dépanner. Dès qu’il y a plusieurs associés, un investisseur ou un projet de transmission, je le déconseille fermement. Les clauses d’agrément, d’inaliénabilité ou d’exclusion ne figurent pas dans les modèles standards, et ce sont justement elles qui protègent votre société en cas de conflit.

Le capital social doit-il obligatoirement figurer dans les statuts ?

Oui, le montant du capital social est l’une des six mentions obligatoires de l’article L210-2 du Code de commerce. Aucun minimum n’est imposé pour une SAS, mais le chiffre doit être inscrit. Je conseille un capital cohérent avec votre projet plutôt qu’un capital symbolique d’un euro, qui fragilise votre crédibilité face aux banques.

Ce qu’il faut retenir avant de signer

Les statuts d’une SAS ne sont pas un formulaire administratif à expédier, mais le contrat qui organise le pouvoir et l’argent dans votre société pour les années à venir. Les six mentions obligatoires garantissent l’immatriculation. Les clauses de fonctionnement et de protection, elles, font la vraie différence le jour où un associé veut sortir, où un investisseur arrive ou où un désaccord éclate.

Ce que je rédige pour mes clients, ce sont des statuts qui anticipent ces moments-là, parce que je les ai vus se produire des centaines de fois. Si vous voulez des statuts taillés pour votre projet et pas un modèle générique, parlons-en : c’est tout l’intérêt d’un accompagnement humain.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 15 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

Contenu vérifié en juin 2026 Legifrance Service-public.fr Infogreffe

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