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Ouvrir une entreprise de nettoyage en 2026 : le guide complet

Sandrine Chiorozas · · 13 min de lecture
Ouvrir une entreprise de nettoyage

Ouvrir une entreprise de nettoyage ne demande aucun diplôme obligatoire. Vous pouvez démarrer en micro-entreprise pour quelques dizaines d’euros, ou en société à partir de 500 € de frais d’accompagnement, plus environ 200 € de frais légaux. Le code d’activité est le 8121Z (nettoyage courant des bâtiments), et l’assurance responsabilité civile professionnelle, même non imposée par la loi, devient vite indispensable quand on travaille chez les autres.

Le mois dernier, j’ai accompagné une cliente qui faisait déjà des ménages au noir depuis deux ans et voulait passer au propre, justement. Elle avait deux questions en tête : « est-ce que j’ai le droit sans formation ? » et « comment mes clients particuliers récupèrent leur crédit d’impôt ? ». Ce sont les deux vraies questions du métier, et personne ne les traite ensemble.

Mon objectif aujourd’hui : vous donner le chemin complet, du choix du statut jusqu’aux premiers contrats, pour lancer une activité de propreté solide en 2026.

Faut-il un diplôme pour se lancer dans la propreté ?

Non. Le nettoyage de bâtiments n’est pas une profession réglementée. Vous n’avez besoin d’aucun diplôme, d’aucune autorisation préalable, d’aucun examen pour ouvrir votre entreprise. C’est l’une des activités les plus accessibles qui existent en France, et c’est ce qui en fait un terrain de départ très courant pour une première création.

Cela ne veut pas dire qu’une qualification est inutile. Un CAP Agent de propreté et d’hygiène ou un titre professionnel rassure les clients exigeants, surtout sur le tertiaire (bureaux, cliniques, copropriétés). Mais ce n’est jamais une condition d’immatriculation. Vous pouvez démarrer demain avec un seau, des produits et une bonne organisation.

Le métier est accessible, mais le marché est concurrentiel. Ce qui vous différenciera, ce n’est pas le diplôme, c’est votre fiabilité (horaires tenus, discrétion chez le client) et votre capacité à décrocher des contrats récurrents plutôt que des prestations ponctuelles.

Une nuance importante : l’activité de nettoyage relève de l’artisanat. Vous serez donc rattaché à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA), que vous soyez en micro-entreprise ou en société. L’immatriculation se fait dans tous les cas par le Guichet unique de l’INPI, qui transmet ensuite aux organismes concernés.

Quel statut choisir pour votre société de propreté ?

C’est la décision qui structure tout le reste : votre régime social, votre fiscalité, votre image, votre capacité à embaucher. Et c’est là que je vois le plus d’erreurs de départ.

La micro-entreprise pour tester seul

Si vous démarrez seul, sans salarié, avec un objectif de chiffre d’affaires modéré, la micro-entreprise est le point d’entrée le plus simple. Déclaration en ligne, comptabilité allégée, cotisations sociales calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Le plafond pour les prestations de services est de 77 700 € de chiffre d’affaires annuel, ce qui laisse de la marge pour une activité individuelle, selon service-public.fr.

La limite arrive vite si vous voulez recruter. Une micro-entreprise peut embaucher en théorie, mais le modèle n’est pas pensé pour ça : pas de déduction des charges réelles (matériel, véhicule, produits, salaires), abattement forfaitaire seulement. Dès que vous portez des contrats avec du personnel, le micro devient un frein.

77 700 €
Plafond de chiffre d'affaires en micro-entreprise (prestations de services)
service-public.fr

La société pour se développer avec des salariés

Pour bâtir une vraie société de propreté avec plusieurs intervenants, la société s’impose. Deux familles dominent dans ce métier.

La création SASU (ou SAS à plusieurs associés) donne au dirigeant le statut d’assimilé salarié, une protection sociale proche de celle d’un cadre, et une grande souplesse statutaire pour faire entrer des associés ou des investisseurs plus tard. C’est le format que je recommande le plus souvent aux porteurs de projet qui visent la croissance et l’embauche.

La SARL (ou EURL si vous êtes seul) reste pertinente pour un projet familial, avec un gérant majoritaire au régime des travailleurs non-salariés, dont les cotisations sont plus légères mais la couverture sociale plus mince. Le bon choix dépend de votre rémunération cible, de votre situation personnelle et de vos projets de recrutement.

Micro-entreprise ou société pour une activité de nettoyage ?

CritèreMicro-entrepriseSociété (SASU / SARL)
Démarrer seul, testerIdéalSurdimensionné au début
Embaucher des salariésInadaptéConçu pour ça
Déduction du matériel et des chargesNon (abattement)Oui, au réel
Image vis-à-vis des clients B2BCorrectePlus crédible sur les gros contrats
Coût et formalités de créationTrès faiblesPlus structurés

Dans mon accompagnement, je commence toujours par la question du modèle économique : visez-vous des particuliers en solo, ou des contrats d’entretien de bureaux avec une équipe ? La réponse change le statut. Contactez-moi directement : chez Jurixa, je structure ce choix avec vous avant de rédiger quoi que ce soit.

Le code APE 8121Z et l’immatriculation

L’INSEE attribue automatiquement un code APE (Activité Principale Exercée) lors de votre immatriculation. Pour le nettoyage courant des bâtiments, c’est le 8121Z. Vous ne le choisissez pas vous-même : il découle de l’activité que vous déclarez au Guichet unique.

Ce code a son importance, parce qu’il détermine la convention collective applicable à vos futurs salariés (j’y reviens plus bas) et qu’il vous classe statistiquement dans le secteur de la propreté. À noter, la nomenclature NAF évolue : à compter du 1er janvier 2027, le 8121Z laissera place à de nouveaux codes dans le cadre de la réforme NAF 2025. Cela ne change rien à votre activité, seulement son étiquette administrative.

1

Préparer le dossier

Pièce d’identité, justificatif de domicile, et pour une société, statuts signés et attestation de dépôt du capital.

2

Déclarer au Guichet unique

Tout passe par le portail de l’INPI (formalites.inpi.fr), qui remplace les anciens CFE.

3

Obtenir le SIRET

L’INSEE vous délivre votre numéro et attribue le code APE 8121Z.

4

Rattachement CMA

L’activité étant artisanale, vous êtes inscrit au répertoire des métiers.

5

Souscrire les assurances

Avant la première intervention chez un client (voir section suivante).

L’assurance, le poste qu’on oublie et qu’on regrette

Voici le sujet que je martèle à chaque porteur de projet dans ce métier. L’assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) n’est pas légalement obligatoire pour une entreprise de nettoyage, d’après service-public.fr. Mais travailler chez les autres sans elle, c’est jouer avec le feu.

Réfléchissez une seconde à votre quotidien. Vous manipulez des produits chimiques, vous déplacez du mobilier, vous utilisez des machines, vous avez les clés du local du client. Une vitre cassée, un parquet abîmé par un produit, un ordinateur renversé, une chute d’un visiteur sur un sol fraîchement lavé : la RC Pro couvre ces dommages causés aux tiers. Sans elle, c’est votre patrimoine qui paie.

La RC Pro n’est pas imposée par la loi pour le nettoyage, mais aucun client professionnel sérieux (syndic, entreprise, collectivité) ne signera un contrat d’entretien sans vous demander votre attestation. Dans les faits, elle est donc indispensable pour décrocher des contrats B2B.

Comptez en général entre 600 € et 1 200 € par an selon votre chiffre d’affaires et les garanties, un budget à intégrer dès le prévisionnel. Si vous intervenez sur des chantiers de fin de construction, vérifiez aussi les questions de garantie décennale avec votre assureur, le risque n’est pas le même que pour de l’entretien courant.

Nettoyer chez les particuliers : le levier du crédit d’impôt

C’est ici que se joue un avantage commercial énorme, et que beaucoup de créateurs passent à côté. Quand vous faites du ménage au domicile de particuliers, vous entrez dans le champ des services à la personne (SAP). Et les SAP ouvrent droit, pour votre client, à un crédit d’impôt de 50 % des sommes versées.

Comment ça marche pour le client

Le particulier qui vous paie récupère la moitié de la facture sous forme de crédit d’impôt, dans la limite d’un plafond de dépenses de 12 000 € par an (majoré jusqu’à 20 000 € selon la situation du foyer), d’après servicesalapersonne.gouv.fr. L’entretien de la maison et les travaux ménagers font partie des activités éligibles.

Concrètement, une heure de ménage facturée 30 € ne coûte que 15 € net au client après crédit d’impôt. Avec le service Avance immédiate de l’URSSAF, l’avantage est même déduit directement au moment du paiement : le client règle 15 €, l’URSSAF vous verse les 15 € restants. C’est un argument de vente redoutable, à condition d’être déclaré.

50 %
Crédit d'impôt pour le client particulier sur les prestations de ménage à domicile
servicesalapersonne.gouv.fr

La déclaration SAP, condition pour offrir l’avantage

Pour que vos clients bénéficient du crédit d’impôt, votre entreprise doit être déclarée organisme de services à la personne. La déclaration se fait sur la plateforme NOVA des services de l’État. L’agrément, lui, n’est exigé que pour les publics fragiles (garde d’enfants de moins de trois ans, personnes âgées ou handicapées), ce qui ne concerne pas le ménage classique. Pour le nettoyage chez les particuliers valides, la simple déclaration suffit.

Attention à une règle qui surprend beaucoup de créateurs : pour délivrer les attestations fiscales annuelles à vos clients, votre structure doit consacrer 100 % de son activité aux services à la personne (condition d’activité exclusive). Si vous voulez mélanger ménage chez les particuliers et entretien de bureaux d’entreprises, il faut souvent deux structures distinctes. C’est exactement le genre d’arbitrage que je cadre en amont, parce qu’il conditionne le nombre de sociétés à créer.

La déclaration SAP ouvre le crédit d’impôt à vos clients, mais elle impose la condition d’activité exclusive : une entreprise déclarée SAP ne peut pas, en principe, facturer aussi des prestations hors SAP sous le même numéro. Anticipez ce point avant de choisir entre un seul statut ou deux.

La convention collective de la propreté pour vos salariés

Dès que vous embauchez, vous appliquez une convention collective. Pour le nettoyage de bâtiments (code 8121Z), c’est la Convention collective nationale des entreprises de propreté et services associés du 26 juillet 2011 (IDCC 3043), toujours en vigueur, consultable sur Legifrance.

Cette convention encadre beaucoup de choses propres au secteur : grilles de salaires minimaux, classification des agents de propreté, primes, et surtout une particularité bien connue du métier, le transfert conventionnel du personnel. Quand vous perdez ou gagnez un marché d’entretien, les salariés affectés au site peuvent être transférés à l’entreprise qui reprend le contrat. C’est un mécanisme spécifique au nettoyage qu’il faut connaître avant de signer des marchés.

Ne sous-estimez pas ce volet. Un agent de propreté mal classé, une prime conventionnelle oubliée, et vous prenez un risque de redressement ou de litige prud’homal. La gestion sociale est le vrai sujet technique de ce métier, bien plus que la création elle-même.

Matériel, tarifs et premiers clients

Le matériel de départ

Bonne nouvelle pour la trésorerie : démarrer en nettoyage courant ne demande pas un gros investissement. Un kit de base (chariot, aspirateur professionnel, autolaveuse pour les surfaces, produits, équipements de protection) suffit pour de l’entretien classique. On parle de quelques milliers d’euros, pas de dizaines de milliers. C’est ce qui rend ce métier accessible avec peu d’apport.

Les budgets grimpent si vous visez le nettoyage spécialisé (vitres en hauteur, remise en état de chantier, désinfection), avec du matériel et des assurances spécifiques. Calibrez votre équipement sur votre cible commerciale, pas l’inverse.

Fixer ses tarifs

Deux logiques de facturation cohabitent. Chez les particuliers, on facture le plus souvent à l’heure (souvent entre 25 et 35 € de l’heure selon la région et le standing). En B2B, on raisonne au forfait mensuel pour un contrat d’entretien récurrent, calculé sur la surface et la fréquence. Le forfait est plus intéressant pour vous : il sécurise un revenu régulier et facilite l’organisation des tournées.

Ne bradez pas vos prix pour décrocher les premiers contrats. Dans la propreté, casser les tarifs vous enferme dans des marges trop faibles pour payer correctement vos agents et votre RC Pro. Mieux vaut moins de clients bien valorisés qu’une cavalcade non rentable.

Trouver les premiers contrats

Le nerf de la guerre. Le particulier vient surtout par le bouche-à-oreille, une fiche Google Business bien tenue et le crédit d’impôt mis en avant. Le B2B, lui, se travaille en prospection directe : bureaux, cabinets médicaux, commerces, copropriétés, agences de location courte durée. Ce sont des contrats récurrents, plus stables et plus rentables que les prestations ponctuelles.

Mon conseil aux porteurs de projet que j’accompagne : visez quelques contrats B2B récurrents dès le départ pour assurer un socle de chiffre d’affaires, et complétez avec des particuliers pour lisser le planning. C’est ce mix qui rend l’activité viable la première année.

Combien coûte la création, et qui choisir pour vous accompagner ?

La micro-entreprise se crée pour quasiment rien, en ligne. Une société, elle, suppose des statuts, une annonce légale et une immatriculation. Et là, le marché de l’accompagnement est très inégal.

Les plateformes automatisées affichent des statuts à 99-199 € plus frais. Le problème : ce sont des modèles génériques, sans aucune adaptation à votre projet réel (activité SAP ou non, nombre d’associés, régime du dirigeant, embauche prévue). Pour une société de propreté qui devra peut-être se scinder en deux structures à cause de la règle d’exclusivité SAP, un modèle standard vous expose à devoir tout reprendre plus tard.

À l’autre bout, un cabinet d’expertise comptable ou un avocat facturent souvent 1 000 à 3 000 € pour une création, ce qui est justifié pour un montage complexe mais surdimensionné pour la grande majorité des projets de nettoyage.

Trois façons de créer votre société de propreté

SolutionTarif indicatif 2026Ce que vous obtenez
Plateformes automatisées99 à 199 € + fraisStatuts génériques, aucune adaptation à votre cas
Jurixaà partir de 500 € + frais (~200 €)Statuts sur-mesure, arbitrage micro/société, conseil SAP
Expert-comptable / avocat1 000 à 3 000 €Pertinent pour montages complexes, cher pour un projet simple

Chez Jurixa, je prends en charge la rédaction des statuts sur-mesure et je vous aide à trancher les vraies questions du métier : un statut ou deux à cause des SAP, quel régime social pour le dirigeant, comment anticiper l’embauche sous convention propreté. Tout est humain et personnalisé, jamais un formulaire automatique. La création d’une société part de 500 € de frais d’accompagnement, plus environ 200 € de frais légaux (annonce légale autour de 190 €, greffe environ 70 €).

Questions fréquentes sur l’ouverture d’une entreprise de nettoyage

Faut-il un diplôme pour ouvrir une entreprise de nettoyage ?

Non. Le nettoyage courant des bâtiments n’est pas une activité réglementée : aucun diplôme ni autorisation préalable n’est exigé pour s’immatriculer. Un CAP Agent de propreté ou un titre professionnel peut rassurer vos clients, mais reste facultatif.

Quel statut choisir pour une activité de nettoyage ?

Pour démarrer seul et tester, la micro-entreprise est la plus simple (plafond de 77 700 € de chiffre d’affaires). Pour embaucher et déduire vos charges réelles, une société comme la SASU ou la SARL est plus adaptée. Le choix dépend de votre rémunération cible et de vos projets de recrutement.

Le crédit d’impôt s’applique-t-il à tous mes clients ?

Non, seulement aux particuliers pour des prestations de ménage à leur domicile, et à condition que votre entreprise soit déclarée organisme de services à la personne. Le crédit d’impôt est alors de 50 % pour le client. Les prestations facturées à des entreprises (B2B) ne sont pas concernées par ce dispositif.

Quelle assurance est obligatoire pour une entreprise de nettoyage ?

Aucune assurance n’est imposée par la loi pour le nettoyage courant. Mais la responsabilité civile professionnelle est vivement recommandée et exigée par tout client B2B sérieux, car elle couvre les dommages causés chez vos clients. Comptez 600 à 1 200 € par an.

Quelle convention collective s’applique à mes salariés ?

La Convention collective nationale des entreprises de propreté et services associés du 26 juillet 2011 (IDCC 3043). Elle encadre les salaires, les classifications et le transfert conventionnel du personnel lors d’un changement de prestataire sur un marché.

Mon conseil pour bien démarrer

L’entreprise de nettoyage est un des projets les plus accessibles que j’accompagne : pas de diplôme, peu de matériel, un marché qui ne se tarit jamais. Mais sa simplicité apparente cache deux pièges que je vois revenir sans cesse, la déclaration des services à la personne (et sa règle d’exclusivité) et la gestion sociale sous la convention propreté. Régler ces deux points dès la création, c’est la différence entre une activité qui tourne et une activité qui se bloque au premier salarié. C’est exactement le cadrage que je fais avec chaque porteur de projet, en amont, avant la moindre signature.

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Sandrine Chiorozas, experte en création d'entreprise

Sandrine Chiorozas

Diplômée notaire et droit des affaires — 20 ans d'expérience

Double compétence en droit des affaires et droit notarial, Sandrine accompagne les entrepreneurs dans toutes les étapes de la vie de leur société. Chaque article est rédigé avec rigueur et vérifié auprès des sources officielles.

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